Austérité: les organismes communautaires joignent la parade

Après les professeurs et les employés de la fonction publique, c'est au tour du... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

Agrandir

Imacom, Jocelyn Riendeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Après les professeurs et les employés de la fonction publique, c'est au tour du milieu communautaire de joindre la parade et de s'indigner haut et fort contre les mesures d'austérité du gouvernement Couillard.

À Sherbrooke seulement, pas moins de 56 organismes communautaires autonomes ont fait la grève ou ont fermé leurs portes de façon symbolique, lundi, pour défendre leur mission et réclamer un financement adéquat.

En Estrie, ils étaient 103 organismes mobilisés pour cette grève sociale (sur environ 190) tandis qu'à travers le Québec, ce chiffre atteignait 1300.

«Notre objectif, ce n'est pas d'être assis dans nos bureaux à attendre. On veut être visibles. On s'unit tous ensemble dans un seul objectif commun», lance Line Lecours, de Promotion Handicap Estrie.

Cet objectif se décline en quatre revendications claires: le respect de l'autonomie des organismes communautaires et la reconnaissance de leur travail, le plein financement de leur mission, l'indexation annuelle des subventions de fonctionnement, ainsi qu'un réinvestissement majeur dans les services publics et les programmes sociaux.

«Qui va aider notre clientèle si on n'est plus là?» lance Line Lecours, en faisant ainsi écho aux inquiétudes de l'ensemble des organismes.

Parmi les moyens retenus pour se faire voir et entendre à Sherbrooke, les manifestants ont bloqué les portes du Centre local d'emploi durant deux heures tôt lundi matin. Ils ont libéré les lieux à la demande des policiers, pacifiquement, pour permettre aux employés de rentrer au travail.

La Caravane solidaire contre les mesures d'austérité s'est également ébranlée à travers la ville, poussant sa chanson engagée notamment dans les médias, chez les députés et dans quelques lieux publics.

Partage Saint-François

La cour du Partage Saint-François a servi de quartier général durant toute la journée lundi. En fin d'avant-midi, on a pu y entendre des discours mobilisateurs applaudis par une centaine de personnes.

«On est à cinq mois de la fin de nos protocoles et on a aucune idée si on va avoir du financement en avril», dénonce Alexandre Lavallée, coordonnateur de la TROVEPE (Table ronde des organismes volontaires d'éducation), qui parlait au nom de plusieurs organismes en défense collective des droits.

«La majorité de nos groupes font déjà du chômage économique et sont obligés de fermer leurs portes pour certaines périodes. On est très inquiets», ajoute-t-il. Le financement de ces organismes est généralement gelé au niveau de 2003, précisera M. Lavallée, et ils ne sentent aucune volonté du gouvernement à aider les plus faibles.

Directeur général du Partage Saint-François, Sébastien Laberge est tout aussi anxieux. Son organisme se dirige droit vers une fin d'année dans le rouge et il craint de ne pas pouvoir maintenir un plein service, lui qui offre 54 lits à une clientèle adulte en itinérance.

«Les gens sont référés ici par le système de santé parce qu'il n'y a aucune autre ressources pour les prendre en charge», fait-il valoir, en rappelant que la Partage Saint-François s'autofinance à hauteur de deux tiers de son budget et que même cette source de revenu traverse une période difficile.

Evans Bédard, du SHASE-Estrie, tire sans grand succès la sonette d'alarme et s'est tournée vers le sociofinancement cet été pour avoir une bouffée d'air. «Notre organisme va disparaître au 1er janvier 2016 si rien n'est fait», a-t-il répété devant les manifestants, lundi, faisant valoir que le SHASE-Estrie est le seul organisme hors Montréal à offrir de l'aide aux victimes masculines d'abus sexuel.

La grève sociale des organismes communautaires se poursuit mardi partout au Québec.

En Estrie, les organismes se donnent rendez-vous à Sherbrooke pour un grand rassemblement dans le stationnement du Bingo Abénaquis, à 10h, suivi d'une marche «festive» qui s'ébranlera à 13h. Quelque 500 personnes sont attendues.

«Le gouvernement, éventuellement, n'aura pas le choix d'écouter, lance Sébastien Laberge. Ça ne s'arrêtera pas tant qu'on aura pas été écoutés et qu'on n'aura pas les fonds nécessaires pour nos organisations.»

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer