Raif Badawi évite la flagellation

Une journée après avoir reçu le Prix Sakharov pour la liberté d'expression, le... (Archives, La Tribune)

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) Une journée après avoir reçu le Prix Sakharov pour la liberté d'expression, le blogueur saoudien Raif Badawi a échappé à la séance de flagellation vendredi.

La nouvelle a été confirmée par Amnistie internationale ainsi que par sa femme, Ensaf Haidar, via sa page Facebook.

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Posted by Ensaf Haidar on Friday, October 30, 2015

Animateur du site internet Liberal Saudi Network, Raif Badawi a été choisi par les chefs de file des groupes politiques du Parlement comme lauréat 2015 de cette prestigieuse récompense, parfois considérée comme l'équivalent européen du Prix Nobel de la Paix.

M. Badawi a été préféré aux deux autres sélectionnés pour ce prix : une coalition d'opposants politiques au Venezuela et l'opposant russe assassiné Boris Nemtsov - dont le nom avait été présenté à titre posthume.

«Je demande au roi d'Arabie de libérer immédiatement M. Badawi pour qu'il vienne chercher son prix» à Strasbourg en décembre, a plaidé M. Schulz devant les députés européens à Strasbourg.

Le lauréat 2015 de la prestigieuse récompense européenne, emprisonné et condamné à la flagellation dans son pays pour «insulte» envers l'islam, est «un homme extraordinaire, exemplaire, à qui on a infligé une des peines les plus brutales», a commenté M. Schulz.

Il a «courageusement exprimé ses idées et ses doutes sur les règles de son pays» et «s'est battu pour la liberté de tous les Saoudiens», a ajouté M. Schulz dans un communiqué.

Flagellation

Emprisonné depuis 2012, M. Badawi a été condamné à dix ans de prison et à 50 coups de fouet par semaine pendant 20 semaines pour «insulte à l'islam».

«C'est un honneur pour nous et particulièrement pour Raif de recevoir cette prestigieuse reconnaissance aux côtés des récipiendaires précédents et je remercie les amis, les supporteurs et le président du Parlement européen, Martin Schulz, ainsi que les parlementaires qui ont appuyé cette décision. Raif serait très heureux de constater à quel point son combat est partagé par tant de personnes dans le monde, et ce prix en est une preuve supplémentaire», a commenté sa conjointe, Ensaf Haidar.

Raif Badawi avait subi une première séance de flagellation le 9 janvier, mais les suivantes avaient été repoussées, d'abord pour des raisons de santé, puis pour des motifs non précisés.

Ensaf Haidar a fait savoir, cette semaine, qu'une source l'a informée que les autorités saoudiennes auraient donné leur feu vert à la reprise des châtiments corporels envers son mari.

C'est cette même source qui l'avait prévenue, en janvier dernier, que son mari allait subir une première séance de coups de fouet.

D'autres actions

Amnistie internationale organise une action, lundi, au cours de laquelle les sympathisants de Raif Badawi iront déposer plus de 30 000 cartes de voeux destinés au prisonnier d'opinion à l'ambassade d'Arabie saoudite à Ottawa.

Après l'arrêt à l'ambassade, ils poursuivront à pied vers le bureau du premier ministre Justin Trudeau, «afin de lui rappeler que des milliers de personnes demandent que le Canada en fasse plus pour la libération de Raif Badawi».

Une vigile aux flambeaux doit aussi se tenir à Sherbrooke le 10 décembre : ce sera la 50e vigile, qui coïncide avec la Journée internationale des droits de l'homme. Avec Isabelle Pion et Agence France-Presse

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