La tablette qui change le monde

La professeure et chercheuse du Cégep de Sherbrooke,... (Imacom, Frédéric Côté)

Agrandir

La professeure et chercheuse du Cégep de Sherbrooke, Johanne Roby, utilise des lunettes qui bloquent la lumière bleue afin de lire sur sa tablette.

Imacom, Frédéric Côté

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Une tablette, ça ne change pas le monde, sauf que... Oui, quand même un peu! Avec ses différentes vies, elle s'introduit dans notre cuisine comme livre de recette, dans notre salon ou notre chambre à coucher comme livre ou télévision... Elle peut être partout, toute la journée durant. Mais comme dans tout, la modération a bien meilleur goût...

On ne peut rien contre la place grandissante qu'occupe la tablette dans nos vies, mais on peut tout de même faire preuve de prudence, croit la professeure et chercheuse Johanne Roby, du Cégep de Sherbrooke, qui s'intéresse aux impacts de la pollution lumineuse.

Ce qui pose problème, c'est principalement la lumière bleue des diodes électroluminescentes (DEL). Celle-ci a entre autres un impact sur la suppression de la mélatonine, l'hormone du sommeil. On la montre d'abord du doigt pour les troubles de sommeil. La communauté scientifique s'intéresse aussi de plus en plus au lien avec les troubles d'obésité. La lumière bleue déséquilibrerait les hormones de satiété, ce qui pousserait les gens à manger un peu n'importe quand.

Des études montrent que les enfants et les adolescents sont plus sensibles aux effets de la lumière. Une étude du Lighting Research Center, à New York, montre qu'une à deux heures d'exposition à des technologies comme les téléphones intelligents et les tablettes peut entraîner une suppression de la mélatonine de 23 % à 38 % chez les adolescents âgés de 15 à 17 ans.

Les sources de lumière se multiplient : il y a les téléphones intelligents, les tablettes, les ordinateurs, alouette... On note d'ailleurs une importante augmentation de la presbytie chez les enfants, note Mme Roby.

La chercheuse est à ce point préoccupée des impacts qu'elle demande à ses filles de mettre des lunettes qui bloquent la lumière bleue afin de regarder la tablette, qu'elle appelle des «blue blocking glass». «Les enfants ne m'aiment pas!» dit-elle en riant. «Je les porte aussi, j'essaie le plus souvent possible.»

Il ne faut pas acheter n'importe quelle paire, prévient Mme Roby. D'ailleurs, elle et son étudiante Meryem Louati planchent sur un démonstrateur qui permettra de vérifier si tel ou tel modèle de lunettes protège de la lumière bleue. On peut penser à des lunettes spécialisées comme celles de Mme Roby, mais aussi à certains verres fumés. L'appareil, qui permettra aussi de vérifier les écrans, pourrait être prêt dans un mois environ.

«C'est comme une boîte noire, on va mesurer la lumière qui passe à travers, on va mesurer le spectre (...) On va avoir un outil facile à utiliser.» D'où vient cette idée? Mme Roby répond que de plus en plus de gens l'interrogent à ce sujet.

Les chercheurs se sont beaucoup intéressés à l'impact sur la suppression de la mélatonine. «Ce n'est plus le seul facteur à considérer», note toutefois Mme Roby. La luminosité stimule la vigilance. Regarder la tablette en soirée diminuerait la suppression de mélatonine de façon importante. On devrait donc éviter de l'utiliser au lit. «Il faut juste utiliser les choses au bon endroit.»

«Il faut diminuer la luminosité de nos écrans, plaide-t-elle. La problématique dans tout ça, c'est qu'on l'a à six pouces du nez. Avec la télévision, on est assez loin.»

Elle recommande l'utilisation du logiciel F.lux. «Ça change la luminosité de notre ordinateur en suivant notre cycle circadien (NDRL : l'horloge biologique)».

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer