Classe de maître pour le député Fortin

Des enseignants du Cégep de Sherbrooke ont participé... (Imacom, Jocelyn Riendeau)

Agrandir

Des enseignants du Cégep de Sherbrooke ont participé à une classe des maîtres, hier, afin de contester les dernières propositions patronales. L'enseignant en sociologie Jean-François Fortier a agi comme professeur auprès de ses confrères.

Imacom, Jocelyn Riendeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Des professeurs du Cégep de Sherbrooke ont participé à une « classe de maître », hier, devant les bureaux du député libéral de Sherbrooke Luc Fortin, afin de dénoncer les demandes patronales du gouvernement. Les enseignants de l'établissement seront d'ailleurs de retour en assemblée générale, aujourd'hui, où ils seront invités à se prononcer sur l'intensification des moyens de pression.

Lorsqu'ils ont voté en faveur de la grève au début de septembre, les membres du Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS) ont aussi adopté un plan de mobilisation pour un mois. Ce plan doit donc être renouvelé. « On va parler de l'organisation concrète des journées de grève », a indiqué le président du SPECS, Steve McKay. C'est le front commun qui déterminera la date de la première journée de grève en Estrie.

Les membres du SPECS ont effectué du piquetage symbolique, hier matin, devant le Cégep de Sherbrooke. Sur l'heure du dîner, ils se sont installés devant les bureaux du député Luc Fortin pour « une classe de maître ».

L'enseignant de sociologie Jean-François Fortier a tracé un parallèle entre celle-ci et la situation dans les classes actuellement, avec « du matériel bancal » et des « locaux inadaptés », a-t-il notamment illustré. Un immense boulet où figurait l'inscription « Couillard, un boulet pour le Québec » avait été installé en bordure de la rue King Ouest.

« Quand je constate avec quelle aisance on sacrifie l'école publique sur l'autel des dogmes économiques de l'austérité, quand je constate qu'on feint de s'intéresser aux conditions d'apprentissage des élèves, mais qu'on néglige avec légèreté les conditions d'enseignement, j'en viens à penser que nos députés et ministres n'ont pas atteint la compétence visée... »

Plusieurs syndicats de la province ont tenu des actions, hier, dans le cadre de la Journée mondiale des enseignantes et des enseignants. L'Alliance des syndicats des professeures et des professeurs des cégeps (ASPPC, dont fait partie le SPECS) a rejeté les dernières propositions patronales, qui contiennent plusieurs irritants.

Selon l'Alliance, la volonté patronale est d'abolir plus de 1000 postes dans la province, ce qui « se traduirait par une augmentation de la précarité de 10 %. » Les professeurs mis en disponibilité pourraient devoir travailler dans un rayon de 250 km plutôt que 50 km. Les règles pour obtenir une permanence sont également resserrées, explique M. McKay.

Les membres du Syndicat de l'enseignement de l'Estrie (SEE) ont pour leur part distribué des tracts, hier en fin de journée. Des représentants du SEE, dont le président Benoit Houle, étaient également présents à l'événement organisé par le SPECS sur l'heure du midi.

« Les demandes syndicales, tous secteurs confondus, ça représente 10,7 milliards de dollars (NDLR : pour 541 000 syndiqués de la province) sur trois ans de dépenses supplémentaires. À terme, dans trois ans, ce seront des dépenses qui seront récurrentes », fait pour sa part valoir Luc Fortin, qui a rencontré les représentants syndicaux après la manifestation.

« Oui, c'est difficile, indique le député à propos des compressions. Par contre, si on le fait présentement, c'est qu'on ne veut pas subir davantage de conséquences plus tard. Autant mon collègue (le ministre de l'Éducation) François Blais que le premier ministre l'ont dit : si on fait cet exercice-là, c'est pour se dégager des marges de manoeuvre éventuellement. J'entendais mon collègue dire qu'il espérait que le prochain budget soit intéressant en matière d'éducation. J'ai le même souhait. C'est en ce sens-là que je vais orienter mes interventions auprès des collègues, mais pour l'instant, c'est important de maintenir les efforts pour atteindre l'équilibre budgétaire. »

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer