Vigile pour les femmes autochtones

Florienne Caouette (à gauche) a animé une cérémonie... (Imacom, René Marquis)

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Florienne Caouette (à gauche) a animé une cérémonie autochtone devant le palais de justice de Sherbrooke, hier, pour sensibiliser les gens au sort des femmes autochtones disparues ou assassinées à travers le pays et pour réclamer une commission d'enquête nationale.

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Une centaine de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de Sherbrooke dimanche après-midi pour réclamer du prochain gouvernement une commission d'enquête nationale sur les milliers de femmes autochtones disparues ou assassinées à travers le pays.

Au Canada, les femmes autochtones représentent 16 % des femmes victimes de meurtre et 11 % des femmes disparues alors qu'elles ne constituent que 4 % de la population canadienne. 1186 femmes autochtones sont présentement portées disparues ou assassinées, une réalité qui n'a jusqu'ici pas incité le gouvernement conservateur à ouvrir une enquête, ce que désire changer le Comité de la Marche mondiale des femmes-Estrie.

« Dans nos communautés, les gens se lèvent pour essayer qu'il se passe quelque chose. Quand une personne est assassinée, on enquête, mais quand c'est une femme autochtone, on l'oublie vite. Je pense que c'est possible d'avoir une commission d'enquête, peu importe qui sera élu à part Stephen Harper. Ça ne se peut pas que personne ne réagisse », souligne la Micmac Florienne Caouette, qui présentait une cérémonie autochtone comportant partage du tabac et différents chants pour sensibiliser les gens.

La vigile, qui se tenait pour une deuxième année à Sherbrooke, s'inscrit dans la mobilisation entourant la Marche mondiale des femmes, dont les activités se tiennent partout au Québec et dans plus d'une cinquantaine de pays.

« On fait ça parce qu'on est solidaire avec les femmes autochtones, et autochtones ou pas, on demande l'égalité pour toutes. Il y a beaucoup de femmes autochtones disparues ou assassinées et ce n'est pas normal. Oui, il y a de petites enquêtes, mais on attribue ça en général à des fugues ou de la prostitution, donc c'est mis de côté rapidement. C'est pourquoi ça prendrait une commission d'enquête pour faire la lumière là-dessus et c'est au gouvernement fédéral à le faire. Il y a des vigiles dans beaucoup de régions, on l'a fait l'an passé et ça m'attriste beaucoup qu'on doive la refaire cette année. C'est vraiment très alarmant et attristant de voir le gouvernement se fermer les yeux », a quant à elle déploré Virginie Bernier, intervenante-animatrice au Centre de femmes La Passerelle et membre du regroupement ConcertAction femmes Estrie.

La Sherbrookoise d'origine péruvienne Micaela Robitaille soutient par ailleurs que la situation des femmes autochtones ne se limite pas aux frontières du Canada.

« On solidarise au-delà des frontières du Québec et du Canada pour parler des femmes en général, parce qu'au Pérou aussi il y a eu beaucoup de femmes autochtones portées disparues ou assassinées pendant le conflit armé qui a duré plus d'une vingtaine d'années entre 1980 et 2000, soit environ 16 000 femmes. Encore aujourd'hui, plus de 2250 femmes sont portées disparues. Il faut se rappeler que les causes sont communes », mentionne-t-elle.

Le NPD et le Bloc en accord

Présents lors de la cérémonie, les députés néodémocrates sortant dans Sherbrooke et Compton-Stanstead, Pierre-Luc Dusseault et Jean Rousseau, de même que la candidate du Bloc québécois dans Sherbrooke, Caroline Bouchard, ont réitéré le soutien respectif de leur parti envers les femmes autochtones.

« Je trouve ça beau de voir autant de personnes venir appuyer la cause aujourd'hui (hier) et c'est une cause que le NPD a très à coeur. Ça fait très longtemps qu'on exige du premier ministre une enquête publique sur la disparition des femmes autochtones et c'est pourquoi on s'est engagé à déclencher une enquête dans les 100 premiers jours d'un mandat du NPD », a affirmé Pierre-Luc Dusseault.

« Le Bloc s'est engagé pour qu'il y ait une enquête nationale, a fait part Caroline Bouchard. On est derrière les communautés autochtones depuis toujours, on les reconnaît comme un peuple distinct comme les Québécois peuvent l'être au Canada. 1186 femmes disparues ou assassinées, de voir le gouvernement conservateur ne rien faire, c'est irresponsable et méprisant. »

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