Des images de Chris Hadfield pour produire une carte de la pollution lumineuse

Des scientifiques étudient l'impact de la pollution lumineuse grâce à des... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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(SHERBROOKE) Des scientifiques étudient l'impact de la pollution lumineuse grâce à des images prises par des astronautes, dont celles du Canadien Chris Hadfield. Le projet, dont fait partie le chercheur et professeur Martin Aubé du Cégep de Sherbrooke, a pour objectif de produire une carte de la couleur nocturne des villes de la planète afin de mesurer l'impact de la pollution lumineuse sur la santé et l'environnement.

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Chris Hadfield

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Le projet « Cities at night » rassemble des photos prises par les astronautes depuis 2003. Comme au départ elles n'ont pas été prises à des fins scientifiques et qu'elles n'avaient pas été identifiées, plus de 17 000 volontaires ont pris part au projet pour identifier les photos, généralement en reconnaissant « leur ville ».

« Pour un individu comme moi, ça aurait pris des années à faire ça », lance M. Aubé, en précisant qu'il s'agit d'un projet de science citoyenne mené avec la Universidad Complutense de Madrid, en Espagne.

Une problématique supplémentaire a surgi depuis quelques années dans la lutte à la pollution lumineuse : les DEL blanches. Ce type de lumière DEL, qui prend de plus en plus la place de l'éclairage urbain usuel, entraînerait la suppression de la mélatonine, l'hormone du sommeil.

Si on décompose une DEL blanche, on y retrouve toutes les couleurs de l'arc-en-ciel. Chacune des couleurs a un rôle particulier sur nos systèmes biologiques. C'est le bleu qui cause problème : la suppression de la mélatonine serait plus efficace en présence de la lumière bleue. Le cerveau produit de la mélatonine durant la nuit.

«On obtient 250 % plus de suppression de mélatonine par rapport à 2013.»


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Martin Aubé

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La suppression de la mélatonine serait liée à différents problèmes de santé, dont les troubles de sommeil. « Il y a un foisonnement d'études où on identifie des problèmes liés à l'éclairage nocturne », note M. Aubé. Différents impacts potentiels sont soulevés, souligne-t-il : certaines études ont fait état de possibles liens avec l'apparition de cancers hormonaux, dont le cancer du sein et de la prostate.

M. Aubé et ses collègues se sont intéressés à Montréal, qui a actuellement en main un plan de conversion de son éclairage avec des DEL blanches. Les chercheurs ont donc comparé la pollution lumineuse en 2013 à Montréal et les impacts de la pollution lumineuse une fois que le nouvel éclairage aura été installé. « On obtient 250 % plus de suppression de mélatonine par rapport à 2013 », explique M. Aubé.

Une campagne de sociofinancement visant à amasser 50 000 euros (environ 73 000 $) a été lancée sur Kickstarter pour la poursuite du projet. Martin Aubé et ses collègues aimeraient se pencher sur les impacts sur la flore et la faune et le voilement du ciel étoilé, notamment.

M. Aubé rappelle qu'il existe des solutions alternatives aux DEL blanches, dont l'utilisation de filtres ou de DEL ambre. Il a lui-même inventé un filtre. « Le Cégep a cédé les droits d'exploitation à l'entreprise Lekla (NDLR : anciennement Ledtech) ». Il souligne qu'en raison de la demande, des entreprises ont développé d'autres types de DEL qui sont moins dommageables. « L'industrie ne bouge pas si on n'en fait pas la demande. »

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