Les cols blancs de la Ville dénoncent le pacte fiscal

Le syndicat des cols blancs de la Ville de Sherbrooke est catégorique, le pacte... (Imacom, Julien Chamberland)

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Alexandre Faille
La Tribune

(SHERBROOKE) Le syndicat des cols blancs de la Ville de Sherbrooke est catégorique, le pacte fiscal rend impossibles toutes négociations de bonne foi avec la partie patronale.

Les négociations entourant le renouvellement de la convention collective des fonctionnaires municipaux et professionnels de la Ville de Sherbrooke - échue depuis le 31 décembre 2014 - sont au point mort.

Le conseiller syndical des cols blancs, Gaétan Desnoyers, mentionne qu'il lui est impossible de s'asseoir à la table pour négocier de bonne foi dans le contexte de l'entente sur le pacte fiscal qui conférera aux municipalités, lorsque la loi sera adoptée, le pouvoir de décréter les conditions de travail de ses employés si les négociations menées de bonne foi achoppent.

« Je ne peux pas aller négocier avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, a-t-il déclaré à la sortie d'une ronde de négociations visiblement décevante. La partie patronale n'a aucun intérêt à négocier sur des choses qu'il pourra bientôt imposer. »

«Ça fait 33 ans qu'il n'y a pas eu de grèves chez les cols blancs à Sherbrooke.»


Au-delà de la décision de Québec, M. Desnoyers s'inquiète de l'enthousiasme à l'annonce de l'entente du maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, qu'il accuse de réagir en vice-président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) plutôt qu'en tant que maire.

« Ça fait 33 ans qu'il n'y a pas eu de grèves chez les cols blancs à Sherbrooke, il y a eu dix conventions collectives qui ont été signées, en plus de quatre ou cinq ententes sur les régimes de retraite où on a fait des concessions, alors on est capable de s'entendre à Sherbrooke, on n'est pas dans une situation comme à Québec ou à Montréal », déplore-t-il.

« Ce qu'on demande au maire, c'est qu'il y ait une déclaration significative pour qu'on ait au moins l'impression qu'on s'en va négocier pour quelque chose, ajoute-t-il. Dire publiquement que le processus de négociations est de bonne foi à Sherbrooke et qu'il n'y a pas de nécessité pour ce remède de cheval, comme le maire d'East Angus et la mairesse de Lac-Mégantic l'ont dit. »

Des demandes raisonnables

Si M. Desnoyers refuse de dévoiler la nature des demandes syndicales des cols blancs en vertu d'une entente de confidentialité, il insiste pour dire que la hausse salariale négociée ne représente rien de déraisonnable.

« Depuis dix ans, nos salaires n'ont pas rattrapé le coût de la vie. On a de bons emplois, mais si je compare avec le reste des gens qui ont des expériences ou un niveau de scolarité semblable, je ne pense pas que nous sommes des gras dur », laisse-t-il entendre.

Sans avancer de chiffres, il a néanmoins comparé les exigences salariales à celles offertes aux autres employés municipaux de la province dans les dernières années ainsi qu'à la hausse de 2 % obtenue par les employés d'Hydro-Sherbrooke. « On ne va pas dans des 5 % ou 6 % d'augmentation, on est extrêmement raisonnable », soutient le conseiller.

Le Syndicat des fonctionnaires municipaux et professionnels représente près de 525 membres. Pour ce qui est de la suite des choses, M. Desnoyers s'attend à recevoir d'ici peu des mandats de grève au cours des prochaines assemblées. « Est-ce qu'on va y recourir? On n'écarte aucune possibilité », indique-t-il.

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