25 ans après Meech: le spectre de la question constitutionnelle reste présent

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Vingt-cinq ans plus tard, l'échec de l'accord du lac Meech continue d'influencer l'actualité politique québécoise et canadienne.

C'est ce qu'a avancé un panel d'experts de la question constitutionnelle formé des professeurs à l'Université de Sherbrooke Jean-Herman Guay et Guillaume Rousseau ainsi que du professeur à la retraite Pierre Patenaude, mercredi, à l'Université de Sherbrooke.

La délicate question constitutionnelle a refait surface au Québec au cours des dernières semaines quand la Coalition avenir Québec (CAQ) a évoqué son intention de proposer une «entente» avec le fédéral sur des questions concernant le Québec, notamment la création d'un rapport d'impôt unique.

«Essentiellement, la CAQ reprend Meech, donc on voit que c'est encore d'actualité», indique M. Rousseau, qui ne croit toutefois pas en une réouverture pancanadienne de la constitution en raison d'un trop grand nombre d'obstacles législatifs qui la verrouille.

«Si la CAQ veut obtenir des gains pour le Québec, elle doit poser des actions et mettre le fédéral devant les faits accomplis, quitte à être amené en Cour suprême. Convaincre cinq juges, c'est plus facile qu'un pays en entier», ajoute-t-il.

Meech et les élections

L'épineuse question du Sénat promettait de s'imposer comme un thème majeur de la présente élection fédérale, mais encore une fois, cette patate chaude constitutionnelle rend rébarbatifs les principaux chefs fédéraux jusqu'à maintenant.

«On peut repousser la question constitutionnelle pendant quelques années, mais un moment donné ça finit par pourrir et on le voit avec le Sénat qui est non élu, non imputable. Ça n'a aucun sens et on s'en rend compte», soutient M. Rousseau.

Si l'enjeu n'a été qu'effleuré dans les premiers débats en anglais, M. Rousseau croit que l'entrée en scène de Gilles Duceppe ce soir lors du débat en français pourrait obliger les partis à se positionner clairement sur la question du nationalisme québécois.

«Avec le premier débat en français demain (ce soir), on risque d'entendre parler de la constitution. M. Duceppe va forcer le NPD, je pense, à préciser sa position sur sa déclaration de Sherbrooke où il propose notamment un droit de retrait du Québec.»

La déclaration néo-démocrate de Sherbrooke de 2005, reprise par Thomas Mulcair dans la présente campagne, confère au Québec un droit à l'autodétermination au sein du Canada, soit la possibilité pour la province de se retirer sans condition des programmes fédéraux relevant de sa compétence, avec une pleine compensation financière. Une proposition aussi soulevée lors des négociations du lac Meech.

«Ça implique beaucoup d'argent et je ne pense pas que le reste du Canada est vraiment au courant de ça», note M. Rousseau.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer