Des projets de persévérance scolaire ont dû être abandonnés

Conséquence des coupes en matière de lutte au décrochage scolaire, le budget du... (Archives La Tribune, Jocelyn Riendeau)

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(SHERBROOKE) Conséquence des coupes en matière de lutte au décrochage scolaire, le budget du Projet Partenaires pour une réussite éducative en Estrie (PREE) passe de 950 000 $ à 500 000 $. Résultats : des projets de persévérance scolaire ont dû être abandonnés ou tournent actuellement au ralenti.

Au cours des cinq dernières années, le programme Réunir Réussir (R2) a versé 2,2 M$ en Estrie. À l'échelle provinciale, par l'entremise de ce programme, environ 25 M$ ont été consacrés par Québec à des initiatives en persévérance scolaire depuis 2009; la Fondation Chagnon a égalé environ le même montant.

Dans la région, une entente spécifique, née d'une collaboration entre une trentaine de partenaires qui ont accepté de verser un financement, a permis d'assurer un budget au projet PREE et la mise en oeuvre de différentes mesures.

Malgré la fin de R2, qui représentait une somme d'environ 440 000 $, l'entente permet d'assurer un financement pour 2015-2016.

«Ça ne peut pas ne pas avoir d'impact. Pour l'année en cours, on a fait des ajustements au chapitre régional et au niveau local. Il y a des projets qui n'ont pas été reconduits, certains vont à vitesse réduite.»

Les partis d'opposition ont dénoncé cette semaine les coupes en matière de lutte au décrochage scolaire. Le ministre de l'Éducation François Blais a défendu le gouvernement de ne plus unir ses efforts à la Fondation Chagnon dans ce dossier. D'autres sommes étaient également investies dans le financement des centres régionaux de concertation en persévérance scolaire.

Parmi les initiatives touchées dans la région, on compte des mesures de conciliation travail-étude, qui servaient entre autres à sensibiliser les jeunes, nombreux à se retrouver sur le marché du travail en parallèle avec leurs études, et leurs employeurs.

Un projet en collaboration avec le CSSS des Sources, offrant de l'accompagnement à des parents dont les enfants commençaient leur parcours scolaire dans la MRC des Sources, a été abandonné. L'objectif était d'outiller les parents pour cette nouvelle étape. «Les enfants étaient ciblés en maternelle», explique Josianne Bergeron, coordonnatrice du projet PREE. Les journées de la persévérance scolaire doivent avoir lieu en 2016, mais le budget de l'événement a été réduit de 60 %.

«Comment peut-on se réorganiser pour faire en sorte que la persévérance continue d'être une priorité?»


L'entente spécifique vient toutefois à échéance en juin 2016. Une grande réflexion s'impose, croit Christian Provencher, directeur général de la Commission scolaire des Sommets (CSS) et coprésident de la Table estrienne de concertation interordres en éducation (TECIÉ).

Certains partenaires de l'entente qui avaient accepté de verser un financement sont aujourd'hui disparus. C'est le cas, par exemple, de la Conférence régionale des élus (CRÉ) et du Forum jeunesse. M. Provencher souligne que leur engagement a été réglé «avant leur disparition». «Au plan financier, les choses ont été prévues en conséquence.» «Comment peut-on se réorganiser pour faire en sorte que la persévérance continue d'être une priorité? Ce n'est pas juste l'affaire du monde de l'éducation, c'est l'affaire de tout le monde.»

La lutte au décrochage scolaire a été lancée il y a un peu plus de 10 ans en Estrie par la TECIE, alors que la région se démarquait pour son très grand nombre de décrocheurs. Les efforts ont eu des résultats. Selon les dernières données disponibles, avec un taux de décrochage scolaire de 19 % en 2012-2013, il s'agit du plus bas taux de décrochage que l'Estrie ait connu depuis qu'elle recueille les données en cette matière.

L'entente n'a pas encore été formellement signée, mais la Fondation Chagnon doit verser 75 000 $ au projet PREE pour 2015-2016, afin d'assurer la transition avec la fin du programme R2, précise François Lagarde, vice-président communications de la Fondation Chagnon. «Il pourrait y avoir d'autres montants», souligne-t-il.

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