Costco aurait un effet à la baisse sur le prix de l'essence

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Une bannière d'essence Costco pourrait avoir une effet à la baisse sur les prix de l'essence dans la région de Sherbrooke.

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(SHERBROOKE) «C'est certain que la présence d'une station-service Costco entraîne une pression à la baisse sur les prix de l'essence».

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Économiste au HEC à Montréal, le professeur Robert Clark, qui a publié des articles sur le sujet de la fixation des prix de l'essence à la pompe, explique que la venue d'un joueur majeur comme Costco dans un marché comme Sherbrooke pourrait avoir une influence positive sur le prix de l'essence que paient les automobilistes.

«L'arrivée de Costco à Saint-Jérôme a causé une guerre de prix ce qui a fait baisser le prix de l'essence», rappelle M. Clark.

La porte-parole du CAA Québec Anne-Sophie Hamel rappelle que la venue de trois stations-services Costco dans le marché de Québec a aussi eu une influence positive pour le consommateur.

«L'ajout de Costco a fait une différence dans la dynamique du marché. Les prix sont plus compétitifs. Les concurrents ont dû s'ajuster à la stratégie de Costco qui adopte une politique de marge au détail très faible», mentionne Anne-Sophie Hamel.

Elle rappelle que cette marge au détail dans le marché de Sherbrooke est stable et «très élevée» depuis huit jours. Le prix réaliste à la pompe devrait tourner autour de 106,2 le litre en Estrie alors qu'il se détaillait hier à Sherbrooke à 112,4 cents.

«La marge est de onze cents, alors que la moyenne au Québec est de 6,5 cents. L'essence est beaucoup trop chère. Cependant, il est difficile de comparer une région à l'autre. Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte», mentionne Anne-Sophie Hamel.

«Nous n'avons aucune preuve que ce cartel de l'essence continue.»


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Robert Clark

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La station radiophonique FM 107,7 Estrie a décidé de prendre le taureau par les cornes mardi  dans le dossier du prix de l'essence à la pompe en lançant un mouvement citoyen «Pour de l'essence moins chère en Estrie» sur Facebook.

«Il ne se passe pas une journée sans que les auditeurs nous interpellent sur le prix de l'essence. Ils nous disent qu'ils sont préoccupés par le fait que l'on paye plus cher à Sherbrooke qu'ailleurs. Nous sommes donc allés de l'avant dans ce mouvement. Nous avons donné des rabais sur l'essence et invitons les gens à appuyer la cause sur notre page Facebook. Déjà deux conseillers municipaux soutiennent la cause et la Chambre de commerce de Sherbrooke y donne son appui. Si nous sommes des milliers à participer à ce mouvement de masse à Sherbrooke, nous espérons que les pétrolières vont réagir. Et si ça prend une bannière comme Costco, ils auront la preuve que les gens de Sherbrooke sont écoeurés de payer trop cher pour leur essence», explique le directeur de l'information au FM 107,7 Estrie, Jocelyn Proulx.

Les régions de Sherbrooke, Magog, Victoriaville et Thetford Mines ont été victimes d'une collusion de la part des pétrolières en 2005 et 2006. L'enquête «octane» avait permis de porter des accusations pénales et de condamner des détaillants et des pétrolières pour avoir fixé les prix de l'essence à la pompe.

Deux recours collectifs ont été autorisés dans 26 marchés à la suite de ce qui a été convenu d'appeler le cartel de l'essence.

«Nous n'avons aucune preuve que ce cartel de l'essence continue. Le bureau de la concurrence avait recueilli de la preuve par écoute électronique dans cette affaire. Il est difficile de prouver de la collusion seulement par une analyse économique. Une marge au détail élevée ou une stabilité dans les prix ne peuvent à elles seules prouver sur le plan économique qu'il y a présence de collusion», estime Robert Clark des HEC.

Étant tenu à la confidentialité des enquêtes, le Bureau de la concurrence du Canada ne peut confirmer ou infirmer que des plaintes ont été formulées ou qu'une nouvelle enquête a été ouverte relative au cartel de l'essence.

À moins que ne surgissent d'autres éléments de preuve pour lesquels les accusations ont été portées, l'enquête du Bureau de la concurrence à la suite du projet «octane» est terminée depuis le dépôt d'une troisième vague d'accusation en 2010.

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