Décès de Bertrand Gosselin: un grand mentor s'éteint

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Bertrand Gosselin

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(SHERBROOKE) Les milieux juridiques et journalistiques ont salué unanimement l'homme d'exception qu'était Bertrand Gosselin. Le journaliste judiciaire de 78 ans est décédé dans la nuit de dimanche à hier des suites d'un cancer.

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Me Michel Dussault

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Correspondant pour La Tribune à Magog, puis journaliste judiciaire à CHLT-Radio, devenu le FM 107,7 Estrie, Bertrand Gosselin aura été un mentor pour plusieurs confrères et une référence dans la couverture judiciaire en Estrie.

De sa couverture des causes au vieux palais de justice de Sherbrooke comme l'enquête préliminaire à la suite de la tuerie au repaire des Hells Angels de Lennoxville jusqu'à l'affaire Renald Côté de Magog, Bertrand Gosselin a couvert et rapporté les grandes affaires judiciaires en Estrie au cours des quatre dernières décennies.

Jusqu'à la semaine dernière encore, le journaliste allait prendre son petit déjeuner au café du palais de justice de Sherbrooke en compagnie des avocats dans un endroit qu'il considérait presque comme sa résidence principale.

« C'est une triste nouvelle. Bertrand Gosselin vulgarisait bien le droit criminel. Il prenait le temps de souligner le travail que les avocats avaient accompli dans un dossier. Sa présence au palais de justice allait bien au-delà du travail. Il avait un intérêt pour ce que l'on faisait en dehors. Il va y avoir un vide au palais de justice », estime le criminaliste Patrick Fréchette.

Le criminaliste Michel Dussault perd un ami. Celui qui le connaît depuis plus de 35 ans s'est rendu à son chevet cette fin de semaine à la Maison Aube-Lumière.

« Bertrand était un homme très humain. Il était aimé de tout le monde, pas seulement du milieu judiciaire. C'est un homme qui avait plusieurs implications sociales. Il était toujours de bonne humeur », indique Me Dussault.

«Il demeurait neutre et rapportait les événements avec cette voix radiophonique qui lui était propre.»


Juge Gaétan Dumas

La journée de lundi a été très émotive au FM 107,7 Estrie où le journaliste collaborait toujours.

« Nous sommes tous affectés par son décès. Bertrand était un homme honnête, droit comme un chêne. C'était non seulement un journaliste reconnu pour son professionnalisme, mais un raconteur hors pair. Il avait cette capacité de captiver l'auditeur. C'est un journaliste qui avait des contacts judiciaires et policiers partout en Estrie. Il a bien servi sa station, mais aussi tous les journalistes en région. Il a ouvert les portes du palais de justice en donnant une bonne réputation au monde journalistique. Il a fait bénéficier de ses conseils à de nombreux journalistes », explique le directeur de l'information au FM 107,7 Estrie, Jocelyn Proulx.

La section Estrie de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a souligné la carrière exceptionnelle du journaliste, de même que le maire de Sherbrooke Bernard Sévigny.

Le juge coordonnateur de la Cour supérieure en Estrie Gaétan Dumas a souligné le décès de Bertrand Gosselin à l'ouverture du terme des assises criminelles.

« Sa contribution au système judiciaire est remarquable. Bertrand était un homme juste avec les gens. Il avait cette délicate attention de nommer les avocats à la fin de ses reportages pour démontrer l'importance du travail qui avait été accompli dans une cause. Il demeurait neutre et rapportait les événements avec cette voix radiophonique qui lui était propre. Quand tu tutoies les juges et que les avocats te vouvoient, ça démontre bien le niveau de respect que Bertrand Gosselin avait atteint », a exprimé le juge Dumas en entrevue.

Le procureur-chef adjoint au DPCP en Estrie, Me André Campagna connaissait le journaliste judiciaire depuis plus d'un quart de siècle.

« Bertrand respectait non seulement les juges et les avocats, mais aussi les victimes. Il demeurait constamment à l'affut de ce qui se passait au palais de justice », mentionne Me Campagna qui signale l'intérêt marqué de Bertrand Gosselin pour le football.

Le portrait du journaliste judiciaire sera affiché en permanence à sa mémoire dans une salle d'audience au palais de justice Raynald-Fréchette de Sherbrooke.

rene-charles.quirion@latribune.qc.ca

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