Le Marché de solidarité de Sherbrooke à un tournant

La coordonnatrice du Marché de solidarité régionale des... (Imacom, René Marquis)

Agrandir

La coordonnatrice du Marché de solidarité régionale des Amis de la Terre de l'Estrie, Maude St-Jean, estime que le meilleur reste à venir pour le lieu de rencontre entre producteurs et consommateurs ouvert depuis 2006. Jean Lippé s'est arrêté au kiosque de la productrice de champignons shitakes Sylvie Lavoie, la semaine dernière.

Imacom, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) L'offre agroalimentaire s'est beaucoup diversifiée depuis dix ans, mais le Marché de solidarité régionale des Amis de la Terre de l'Estrie estime qu'il est encore le seul à faire ce qu'il fait.

C'est avec cette certitude en tête qu'il avance vers son dixième anniversaire en 2016 en amorçant un virage marqué dès cet automne.

«Il y a plein de choses qui existent aujourd'hui et qui n'existaient pas quand on est arrivés en 2006, constate Maude St-Jean, coordonnatrice du marché qui a pignon sur rue à quelques pas du pont Montcalm à Sherbrooke. Dans certains cas, cela peut satisfaire les gens, mais ceux qui veulent des aliments locaux, de la variété, du bio et le pedigree complet des producteurs dans un même lieu, il y a encore juste nous qui pouvons le faire.»

Douze mois par année, précisons-le.

Si la formule lancée à Sherbrooke a essaimé dans neuf régions du Québec, si le nombre d'adhérents est resté stable autour de 800, et si 12 producteurs ont joint les rangs en 2015 pour atteindre 80, Mme St-Jean n'en déplore pas moins une baisse du chiffre d'affaires depuis trois ans qui pousse son organisation a réagir.

«Il y a plein de choses qui ont changé depuis le début du marché, fait-elle valoir. Le service s'est vraiment développé. On est plus flexible pour la collecte des denrées. On a un volet vente libre et on offre un service de livraison. On a vraiment essayé de s'adapter aux besoins des adhérents.»

Un plan de développement stratégique a par ailleurs été préparé en 2014 avec comme action prioritaire la migration vers une nouvelle plateforme informatique, cet automne, sur laquelle on fonde beaucoup d'espoir pour rattraper les ventes perdues.

L'organisme entend par la suite analyser différents scénarios pour rentabiliser l'utilisation de ses locaux.

«Deux régions ont mis en place des marchés très similaires aux nôtres récemment, c'est ce qui me permet de rester optimiste pour l'avenir, dit Maude St-Jean. La conscientisation est grande, les gens recherchent de l'information sur ce qu'ils mangent. Le contact et l'éducation qu'on arrive à faire ont porté ses fruits.»

La productrice Lyne Girard, de l'érablière biologique Caséal à Milan, témoigne pour sa part de l'importance du marché dans ses ventes depuis trois ans. «C'est également un bel endroit pour faire découvrir et pour tester de nouveaux produits, car on peut avoir la réaction des gens en direct. C'est très convivial, ça s'apparente beaucoup à un marché public mais ça dure toute l'année», dit-elle, en promettant d'y offrir deux nouveaux produits cet automne...

Le Marché de solidarité régionale, faut-il le rappeler, est né de l'initiative de l'écologiste bien connu André Nault, qui est décédé en avril dernier. L'homme qui présidait Les Amis de la Terre de l'Estrie avait fait de l'autonomie alimentaire l'un de ses nombreux chevaux de bataille.

Au fil des années, plusieurs régions du Québec ont imité la formule, portant à neuf actuellement le nombre de communautés dotées d'un marché de solidarité régionale après que celui de Magog ait baissé les bras en mars dernier.

«On est comme des cousins, image Mme St-Jean. On a le même nom de famille et un grand-papa commun, on se voit à quelques reprises durant l'année, mais on est un peu différents, car nos réalités spécifiques sont différentes. Et on s'entraide dans les difficultés.»

En quelques chiffres...

20 $ de coût d'adhésion annuel

18 % de frais de fonctionnement ajoutés à chaque commande

800 adhérents

80 producteurs

80 % des producteurs situés dans un rayon de 30 km de Sherbrooke

90 commandes par semaine

Une vingtaine de bénévoles réguliers

3 millions $ versés aux producteurs en cinq ans

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer