Pédaler à la brunante pour Spec Tintamarre

La famille Giroux-Giangioppi est présidente d'honneur du tour... (IMACOM, Jocelyn Riendeau)

Agrandir

La famille Giroux-Giangioppi est présidente d'honneur du tour à vélo Je roule pour l'autisme, au profit de la maison Spec Tintamarre. On reconnaît sur la photo l'aîné de la famille, Vincent, et sa mère Marie Giroux, de même que Christine Houde, directrice générale de Spec Tintamarre, Constant Campanozzi, membre du conseil d'administration, et Denis Lalumière, président du C.A.

IMACOM, Jocelyn Riendeau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) À 13 ans, Emmanuel fait son entrée au secondaire, demande parfois à son grand frère Vincent pour jouer au soccer avec lui et apprend à pédaler quand il prend place sur le vélo tandem conduit par son père.

«Si vous l'aviez vu à l'âge de 4 ou 5 ans, vous n'auriez jamais cru qu'il pourrait faire tout ça un jour... On a parfois des moments de grâce avec Emmanuel. On vient vraiment de loin», confie sa mère Marie Giroux.

Emmanuel est un enfant autiste. Avec sa famille, ils ont accepté la présidence d'honneur d'une activité de financement pour aider l'organisme Spec Tintamarre, qui fait une grande différence dans leur vie depuis huit ans.

Spec Tintamarre veut aménager une salle de stimulation sensori-motrice dans la maison qu'il occupe depuis presque 25 ans, sur la rue de Rouville. Il s'agit d'un projet de quelque 30 000 $ pour la petite organisation qui offre du répit aux familles de l'Estrie qui ont un enfant ou un adolescent vivant avec un trouble du spectre de l'autisme (TSA).

La stimulation sensori-motrice a fait ses preuves comme méthode pour apaiser cette clientèle, apprendre à gérer son agressivité et la garder connectée sur la réalité.

«C'est le nerf de la guerre pour les autistes, témoigne Marie Giroux, médecin de formation. Quand on a un jeune enfant et qu'on découvre qu'il est autiste, c'est une des premières choses qu'on veut mettre en place.»

Évidemment que depuis plus de 20 ans, les intervenants de Spec (pour services psychoéducatifs et communautaires) Tintamarre savent y faire, mais une pièce aménagée et équipée pour la stimulation sensori-motrice faciliterait leur tâche et permettrait une meilleure continuité du travail réalisé dans le réseau institutionnel et dans les familles, font-ils valoir.

Emmanuel a commencé à fréquenter Spec Tintamarre à l'âge de cinq ans. Il y passe une journée par mois et s'en trouve très heureux même si au début, cela générait beaucoup d'anxiété chez lui, raconte son père Bruno Giangioppi.

«On est arrivé ici à une époque où on était en mode préventif de l'épuisement parental», se souvient Mme Giroux, qui reste convaincue que ce service de répit permet à beaucoup de familles «de rester dans un déséquilibre moins difficile».

Spec Tintamarre peut offrir du répit à neuf familles par fin de semaine et durant les congés scolaires. L'été, il offre des camps d'une semaine. L'organisme gère une liste d'attente de sept à huit enfants et espère également à court terme ouvrir ses portes à une clientèle adulte.

«Quand ils sont laissés à eux-mêmes, beaucoup d'autistes vont rétrécir leur champ d'intérêt et se fermer aux stimulations. C'est probablement un défi silencieux pour les parents de ces jeunes adultes», réfléchit à voix haute la famille Giroux-Giangioppi.

L'activité-bénéfice pour Spec Tintamarre prend la forme d'une randonnée à vélo à la brunante, sur l'axe de la rivière Magog. Le départ sera donné au parc Lucien-Blanchard à 18 h le vendredi 18 septembre. Une boucle d'environ 8,5 km sera prévue et tous les participants recevront des feux avant et arrière à installer sur leur monture et qu'ils pourront conserver. Il en coûte 150 $ pour participer et il faut s'inscrire auprès de Constant Campanozzi, au 819-570-7107.

«C'est une belle métaphore le vélo à la brunante, confie Mme Giroux. L'autisme est une maladie vraiment cruelle. On donne beaucoup, ce n'est pas simple, et parfois on empire le problème. Mais il faut garder espoir parce que les choses peuvent s'améliorer.»

jacynthe.nadeau@latribune.qc.ca

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer