CIUSSS de l'Estrie-CHUS : Des troupes tourmentées

La présidente de l'un des syndicats du CSSS-IUGS,... (Imacom, René Marquis)

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La présidente de l'un des syndicats du CSSS-IUGS, Vicky Ouellet, et la vice-présidente de la CSN en Estrie, Mélissa Gaouette, disposent de bien peu d'information pour calmer l'inquiétude qui s'est vite répandue dans les différents établissements de la région avec la menace que laisse planer la réorganisation. À ce moment-ci, elles anticipent plus de mouvement de personnel que l'employeur.

Imacom, René Marquis

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<p>Luc Larochelle</p>
Luc Larochelle
La Tribune

(SHERBROOKE) Avec l'approche directive du ministre Gaétan Barrette pour imposer son modèle de gestion et l'ampleur des compressions budgétaires qui sont venues avec, les employés du réseau de la santé ne pouvaient faire autrement que de s'attendre à vivre un automne mouvementé».

Ma surprise n'a pas été de recevoir une lettre de la direction, je me doutais que ça viendrait. Quand j'ai vu par contre des changements de cette importance annoncés pour le 24 septembre, un jeudi, c'est assez pour que notre monde se demande s'il va finir la semaine!»

La remarque de Vicky Ouellet, présidente de l'un des syndicats représentant les employés du CSSS-IUGS, est lancée avec un brin d'ironie, mais elle traduit, selon elle, la précipitation avec laquelle la direction agit.

Le CSSS-IUGS n'existe plus, il est fondu depuis le 1er avril dans la superstructure régionale. Ses unités syndicales demeurent toutefois parmi les 57 accréditations distinctes avec lesquelles les dirigeants du CIUSSS de l'Estrie-CHUS sont appelés à négocier.

«Juste chez nous, il y a environ 150 personnes en attente dont à peu près le tiers occupe un emploi de soutien administratif. Pas sûre qu'il restera du travail pour tout le monde. Je ne serais pas surprise que la vague de supplantations se rende jusqu'au prochain tour, lorsque des postes administratifs liés aux activités cliniques seront à combler», anticipe Mme Ouellet.

Cette dernière se demande à quel point il est réaliste d'envisager un pareil chambardement en si peu de temps.

«Le processus de régionalisation de la paye était amorcé depuis trois ans et il n'était même pas encore complété. Nous progressions lentement, mais efficacement. On vient, comme le reste, de le faire éclater. On va essayer maintenant de nous convaincre qu'on peut tout entreprendre simultanément? Permettez-moi d'en douter».

Le CSSS de la Haute-Yamaska est le petit nouveau de la famille. L'agente de grief Chantal Savage affirme que ses membres se sentent particulièrement en danger.

«Alors qu'on ne retrouvait que des généralités dans l'avis de réorganisation, sur le terrain, il y a des intentions qui semblent bien arrêtées. Une employée de notre service de paye a été invitée à visiter les locaux de l'équipe régionalisée, en lui exposant que c'est là qu'elle pourrait se retrouver. Les gens savent qu'il n'y aura pas de retour en arrière possible, qu'ils devront vivre avec leur choix et qu'ils n'auront que 14 jours pour se décider.

«La plupart d'entre nous sont établis dans le secteur de Granby. L'aller-retour soir et matin vers Sherbrooke, ça n'enchante personne. La situation actuelle engendre beaucoup d'émotivité. J'ai hâte d'y voir plus clair», réagit Mme Savage.

D'autant, ajoute la représentante syndicale, que les salariés perçoivent les signes des compressions - la nouvelle organisation régionale doit composer avec 30 M$ en moins - à travers les postes laissés vacants et les absences qui ne sont pas comblées.

La direction ne nie pas cette réalité, affirmant que c'est une approche de saine gestion pour se donner une marge de manoeuvre. Les postes vacants à combler offriront d'autres débouchés durant le processus de réaffectation, fait-on valoir.

«Vous parleriez à des gens de Lac-Mégantic qu'ils vous diraient la même chose. L'inquiétude n'est pas moindre non plus à Coaticook ou Valcourt, et il n'a pas encore été question de celles et ceux qui sont sur les listes de rappel. Nous sommes sollicités de partout et, malheureusement, nous n'avons que très peu d'information pour rassurer nos membres», résume la vice-présidente de la CSN en Estrie, Mélissa Gaouette.

Malgré tous ces points d'interrogation, la direction du CIUSSS de l'Estrie-CHUS appelle à la confiance.

«Il y a certes une période trouble devant nous mais, malgré cela, les perspectives d'emplois demeurent très bonnes chez nous. Avec tous les congés et tous les remplacements, nos besoins en main-d'oeuvre vont demeurer. Les gens ne devraient pas être pessimistes», conclut le coordonnateur des relations patronales-syndicales, Denis Simard.

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