L'Église syriaque orthodoxe attend quatre familles

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<p>Jacynthe Nadeau</p>
Jacynthe Nadeau
La Tribune

(SHERBROOKE) Une semaine après que la photo du petit Aylan Kurdi, retrouvé mort sur une plage de Turquie, ait donné un véritable électrochoc à l'opinion publique quant à la crise des réfugiés syriens, l'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke poursuit son oeuvre avec réalisme.

En début de semaine prochaine, ce sont quatre familles irakiennes qu'elle parraine qui arriveront enfin à Sherbrooke pour se reconstruire une vie. Cette vingtaine d'individus viendront rejoindre des parents qui sont arrivés à Sherbrooke depuis deux ou trois ans.

Responsable de l'accueil des réfugiés au sein de l'Église syriaque orthodoxe, Georges Mourani précise que la demande pour les accueillir a été faite il y a un an et que leurs papiers étaient à l'ambassade de Jordanie depuis tout ce temps. Les familles, elles, déplacées de Mossoul quand la ville est tombée aux mains de djihadistes, survivent dans des conditions difficiles. « Elles avaient le choix de se convertir à l'islam ou de quitter l'Irak », résume M. Mourani.

« Tout le monde parle des familles syriennes aujourd'hui, rappelle-t-il, mais la guerre à l'État islamique, c'est l'Irak et la Syrie qu'elle concerne. L'État islamique ne fait pas différence entre ces frontières. »

En prévision de leur arrivée lundi, le comité d'accueil de l'Église syriaque de Sherbrooke a loué des appartements qu'il s'emploie à meubler ces jours-ci. « Il ne s'agit pas seulement de les faire venir ici, c'est de leur intégration dont il s'agit. Une fois qu'ils sont arrivés, c'est là que notre véritable travail commence », relate M. Mourani.

Rappelons que l'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke a mis un million $ en garantie pour l'accueil de réfugiés déplacés par le conflit syrien. Avec cette somme, le gouvernement fédéral l'autorise à parrainer quelque 40 familles par année. Depuis décembre, environ 25 familles ont ainsi émigré à Sherbrooke. Plusieurs individus ont déjà trouvé du travail ou étudient, après avoir appris les rudiments de la langue française, témoigne M. Mourani. D'autres familles sont attendues au cours des prochaines semaines, dit-il.

« Ces gens-là ne sont pas démunis. Il y a des professeurs, des ingénieurs, des pharmaciens. Il y a des gens qui ont des métiers et leur profil d'employabilité est très bon. »

Si des citoyens où des organismes veulent aider, on pourrait faire davantage, assure par ailleurs M. Mourani, qui perçoit la communauté estrienne très sensible à la cause.

L'homme dira d'ailleurs combien les besoins sont grands. Son église à elle seule reçoit une quarantaine d'appels à l'aide par jour. Plusieurs dizaines de demandes de réfugiés du conflit syrien sont en attente depuis plus d'un an, au Liban entre autres. « On essaie de les calmer et de les apaiser. C'est notre rôle comme église. Mais on ne peut pas tout faire. Nos moyens sont limités. »

Quant au gouvernement Couillard qui annonçait lundi son intention d'accueillir davantage de réfugiés syriens, M. Mourani espère. « Je ne sais pas jusqu'à quel point ça peut affecter les organismes comme le nôtre qui parrainent des réfugiés. Le gouvernement a parlé d'une enveloppe de 29 millions $. Est-ce que ces 2450 réfugiés de plus seront sur le compte du gouvernement? Est-ce qu'il va les loger et leur trouver un emploi? Ce serait une bonne nouvelle parce que nous, nous faisons du parrainage depuis trois ans et nous n'avons pas ces moyens-là. »

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