La petite communauté syrienne se serre les coudes à Sherbrooke

Josephine Youssef a fui la Syrie pour le... (IMACOM, Jessica Garneau)

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Josephine Youssef a fui la Syrie pour le Liban avant de finalement arriver à Sherbrooke en décembre dernier grâce à l'Église syriaque orthodoxe qui a pris en charge sa famille en vertu du programme de parrainage créé par le gouvernement canadien.

IMACOM, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) «En Syrie, la violence fait partie de notre quotidien. J'ai une amie qui est morte là-bas et on se dit simplement que c'est la vie. Mais non, ce n'est pas ça la vie.»

Josephine Youssef a quitté sa ville d'Alep, en Syrie, en compagnie de sa famille, pour immigrer à Sherbrooke. Le 20 décembre 2014, malgré la sévérité hivernale qui cognait à la porte, la jeune femme a retrouvé la paix.

«Avant, la Syrie était très jolie, mais maintenant c'est terrible là-bas, il y a de la violence partout. Je ne pouvais pas aller à l'université, il n'y avait plus de travail pour mon père et pas assez d'argent pour vivre», raconte-t-elle. C'est à ce moment que sa tante, déjà installée à Sherbrooke, a amorcé leur processus d'immigration en compagnie de l'Église syriaque orthodoxe de Sherbrooke qui est derrière la venue par parrainage de la majorité des Syriens en sols sherbrookois.

Un parrainage sélectif

Georges Mourani est l'un des membres de l'église qui gère l'arrivée des Syriens à Sherbrooke. Il souligne que ce sont près de 75 demandes par jour qui leur sont acheminées, mais que le gouvernement canadien leur impose un quota maximal de 40 familles par année.

«Des organismes nous ont contactés au cours des derniers jours pour nous aider à parrainer des familles de plus», indique-t-il.

Mais ces familles ne sont pas sélectionnées au hasard. Elles doivent d'abord être chrétiennes, «car les chrétiens sont persécutés dans cette région», mentionne M. Mourani, mais aussi afficher un profil d'employabilité qui satisfait les exigences de la société québécoise.

«Il faut comprendre que les Syriens qui arrivent ici ne sont pas issus de l'extrême pauvreté comme on peut voir à la télévision, explique-t-il. Ce sont des réfugiés qui fuient en raison de leur religion.»

Josephine et sa famille ont dû patienter un an et demi avant de finalement mettre les pieds en sol canadien. Après avoir fui Alep, ils se sont rendus à Beyrouth, la capitale du Liban, où les Syriens exilés sont nombreux à se réfugier. Il faut dire que la distance entre la capitale syrienne de Damas et Beyrouth est minime, soit 85 km, l'équivalent d'un trajet Sherbrooke-Granby.

«Nous sommes restés neuf mois au Liban parce qu'en Syrie, il n'y a plus d'ambassades, tout est fermé», explique-t-elle.

L'important afflux de Syriens dans cette région explique peut-être pourquoi les délais de traitement des demandes s'allongent de plus en plus pour les migrants réfugiés temporairement à Beyrouth.

«Le traitement de la demande au Québec et au Canada est rapide, deux ou trois mois dans certains cas, mentionne M. Mourani. C'est à l'ambassade à Beyrouth que ça prend du temps. On a des dossiers qui sont là depuis plus d'un an. On appelle, on envoie des courriels, mais on n'a aucune réponse. Les gens n'ont aucune idée de ce que c'est que de vivre là-bas. Un mois peut faire toute la différence.»

Aux gens qui s'inquiéteraient de l'intégration sociale de ces nouveaux arrivants, M. Mourani assure que tout est mis en place afin qu'aucune aide gouvernementale ne soit nécessaire pour les arrivants. Les familles des réfugiés et l'église s'occupent de louer le logement et de fournir de l'argent dès leur arrivée, en plus de gérer les différentes inscriptions pour l'école des enfants et les cours de francisation.

«On a déjà 15 personnes qui ont intégré le marché du travail en plus de tous les enfants qui vont à l'école et des parents qui apprennent le français», détaille-t-il.

L'une des belles réussites de cette intégration, c'est Joséphine. Moins d'un an après son arrivée au pays, elle s'exprime dans un français enviable et se montre reconnaissante envers sa terre d'accueil. «J'ai une amie en Syrie qui me dit qu'elle ne sait pas si elle va encore être en vie le lendemain, relate-t-elle. Je suis chanceuse, pour moi ça va bien maintenant.»

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