Le chef spirituel syriaque orthodoxe mondial demande au Canada d'en faire plus

Présent à Sherbrooke jeudi, le chef spirituel de... (Imacom, Jessica Garneau)

Agrandir

Présent à Sherbrooke jeudi, le chef spirituel de l'Église syriaque orthodoxe mondiale, Mor Ignatius Aphrem II, a demandé au Canada d'en faire plus pour lutter contre le groupe armé État islamique (EI).

Imacom, Jessica Garneau

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(SHERBROOKE) Déchirante, triste, insoutenable. La vision du petit Aylan Kurdi, échoué sur une plage turque, a dépeint en un cliché une situation devenue plus critique que jamais.

De passage à Sherbrooke jeudi, principale terre d'accueil des familles syriennes et iraquiennes chrétiennes au pays, le chef spirituel de l'Église syriaque orthodoxe mondiale, Mor Ignatius Aphrem II, a demandé au Canada d'en faire plus pour lutter contre l'ennemi commun qu'est le groupe armé État islamique (EI), et ce, au moment où la planète s'éveille devant cette crise des réfugiés sans précédent qui ébranle l'Europe et le Moyen-Orient.

« Le Canada peut en faire plus pour mettre de la pression sur les pays de la région comme la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Qatar et la Jordanie, notamment, qui facilitent l'ascension du terrorisme, a-t-il mentionné. Ces pays envoient des armes à l'EI et leur achètent du pétrole au rabais. Ils financent indirectement les activités terroristes. »

«L'action militaire est nécessaire, mais je ne crois pas que la coalition fait son travail actuellement.»


Dans son allocution hier, le premier ministre Stephen Harper a déclaré qu'une action militaire à travers la coalition contre l'EI est la principale réponse à la crise des réfugiés. S'il est d'accord qu'il faut s'attaquer à la cause du problème - la guerre -, le Chef suprême souligne que les actions de la coalition demeurent inefficaces.

« L'action militaire est nécessaire, mais je ne crois pas que la coalition fait son travail actuellement. Ils ne combattent pas réellement l'EI. Si on compare, durant la lutte contre Saddam (Hussein) en Irak, il y avait en moyenne 1000 sorties armées par jour. Aujourd'hui, on parle d'une cinquantaine de sorties par semaine. Je ne crois donc pas qu'ils veulent détruire l'EI en ce moment », a-t-il indiqué.

Le Canada n'est pas à blâmer

Aylan Kurdi et sa famille se sont vus refuser une demande de réfugiés au Canada en raison d'un dossier incomplet, une décision qui a rapidement été décriée autant par une vaste portion de la population que par les politiciens de l'opposition, mais Mor Ignatius Aphrem II ne croit pas que le Canada doit être critiqué.

« La photo m'a brisé le coeur, mais elle ne m'a pas surpris, cela arrive régulièrement, il y a plusieurs enfants de son âge qui meurent dans la mer, souligne-t-il. Le Canada ne pouvait pas savoir et le pays ne peut pas accepter toutes les demandes au cas où quelque chose se produirait. Il ne faut pas faire de gains politiques sur le dos de ce petit garçon, aucun parti ne devrait tourner la situation à son avantage. »

Tout de même, la mort d'Aylan Kurdi aura contribué à éveiller la population sur cette crise sans précédent qui positionne la Syrie au centre du monde.

« Peut-être que la mort du petit Aylan n'aura pas été vaine, espère le patriarche. Mais avant que la paix ne revienne en nos terres, j'ai bien peur que plusieurs autres vies devront être enlevées », a-t-il déclaré devant les centaines de Syriens et d'Iraquiens venus l'entendre.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer