Aide médicale à mourir: des réticences prévisibles

Le refus des 29 maisons de soins palliatifs d'offrir l'aide médicale à mourir... (Archives La Tribune)

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(SHERBROOKE) Le refus des 29 maisons de soins palliatifs d'offrir l'aide médicale à mourir dans ses murs n'étonne pas la directrice générale de la Maison Aube-Lumière de Sherbrooke, Marie Bécotte.

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Marie Bécotte

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La Tribune avait déjà rapporté la position adoptée par le conseil d'administration de la maison de soins palliatifs sherbrookoise à savoir qu'elle se prévaudrait du droit de retrait prévu dans le projet de loi sur les soins de fin de vie.

L'Alliance des maisons de soins palliatifs a fait front commun dans cette même direction, appuyée par le service des soins palliatifs du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) qui s'est prononcé contre son application dans le département. Des refus qui n'étonnent personne dans ce milieu.

«On donne l'odieux au médecin de donner la piqûre, déplore Mme Bécotte. Ce n'est pas évident pour lui, son approche, c'est de soigner les patients avant tout.»

Rappelons que les hôpitaux auront l'obligation d'administrer l'aide médicale à mourir, contrairement aux maisons de soins palliatifs. Les médecins qui ne souhaitent pas prodiguer l'euthanasie auront eux aussi le droit de se retirer.

Aucun vote prévu

Au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l'Estrie - Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CIUSSS de l'Estrie - CHUS), on se fait avare de commentaires, mais on réaffirme que l'établissement agira en fonction des règles qui lui seront dictées par le ministère. Aucun vote comme celui tenu au CHUM n'est par ailleurs prévu pour l'instant et le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens ne s'est pas réuni pour en discuter.

«On est en quelque sorte un satellite du ministère, on doit appliquer les règles. Comment ce sera fait, c'est ce qui reste à confirmer» a souligné la responsable des communications, Annie-Andrée Émond.

Front commun non planifié

Mme Bécotte assure qu'aucun mot d'ordre n'a été donné par l'Alliance des maisons de soins palliatifs, et ce, malgré la position unanime de ses membres. Elle soutient que l'aide médicale à mourir va simplement à l'encontre de la philosophie de ce genre d'établissements qui prône l'accompagnement du patient jusqu'à la fin de sa vie.

«Quand on arrive à bien soulager les douleurs, l'aide médicale à mourir n'est pas nécessaire, maintient-elle. La loi, c'est pour l'exception.»

Toujours est-il que la position de la Maison Aube-Lumière n'est pas définitive. Mme Bécotte n'écarte pas complètement la possibilité d'intégrer l'aide médicale à mourir dans les services de la maison.

«L'ouverture, c'est de regarder ce que ça implique. En tant que gestionnaire, j'ai l'obligation d'au moins évaluer cette possibilité», résume-t-elle.

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