Barrette prône une surveillance dans les CHSLD

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette ne passe pas par quatre chemins quand... (ARCHIVES LA TRIBUNE)

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(SHERBROOKE) Le ministre de la Santé Gaétan Barrette ne passe pas par quatre chemins quand on le lui demande : oui, il est au courant que des attouchements sexuels commis par des résidents surviennent sporadiquement dans des centres d'hébergement du Québec. « On n'apprend pas quelque chose, actuellement. C'est quelque chose qui est un défi au quotidien, ça va toujours durer. Le défi est d'arriver à gérer le quotidien de gens qui sont en perte de fonctions cognitives sévère, ce qui génère des comportements qui sont inhabituels, mais inconscients de la part de la personne. »

Cette réaction fait suite au reportage publié dans La Tribune samedi, où des employés du pavillon Argyll dénonçaient la « culture du silence » qui permettait à des résidents aux fonctions cognitives plus ou moins affectées de faire des attouchements sexuels à répétition sur des résidentes. Le ministre n'a pas voulu commenter ce cas en particulier, laissant le soin à la direction de l'établissement de le faire puisqu'il n'est pas au courant des mesures de gestion qui y sont appliquées au quotidien, mais il croit que ces « cas d'exception » ne sont pas fréquents à l'échelle de la province.

« La question n'est pas de savoir s'il y a un problème au Québec, mais de réaliser que c'est un défi quotidien dans tous les CHSLD », ajoute le ministre, évoquant que l'enjeu « sera encore là dans 20 ans ».

Pas de cellules

Questionné quant à savoir s'il pourrait être envisageable de séparer les résidents présentant des problèmes de comportement sexuel des autres, le ministre est également sans équivoque.

« Vous évoquez la possibilité de les séparer; c'est les mettre dans une cellule. Ce n'est pas ça qu'on choisit », dit-il fermement. « Comme d'autres l'ont dit avant moi, et je souscris à ça, les CHSLD ne sont pas des prisons. »

L'objectif dans les centres d'hébergement est de « laisser la plus grande liberté possible à la clientèle », par opposition à « les contentionner physiquement et chimiquement », poursuit le ministre.

Il faut donc miser sur une surveillance adéquate des résidents à problème, pour s'assurer que ces situations ne surviennent pas. Une tâche difficile, mais réalisable, selon lui. « C'est la raison pour laquelle il doit y avoir des façons de faire mises en place pour que les personnes qui sont à risque de poser de tels gestes soient mises dans une situation où on pourra soit contrôler, soit prévenir [ces gestes]. »

On pourrait par exemple toujours demander à ce qu'un employé ait le patient dans son champ de vision.

La seule façon de prévenir 100 % des cas d'attouchements serait de mettre les résidents dans des cellules, ce qui non seulement n'est pas la mission des établissements de santé, mais qui ne passerait également pas auprès de l'opinion publique, croit M. Barrette.

Si le ministre affirme ne rien voir de nouveau dans le reportage publié samedi, la nouvelle a semblé prendre par surprise bien des Québécois. L'histoire a circulé sur les médias sociaux, soulevant de nombreuses réactions de surprise, de crainte et d'écoeurement

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