Argyll : «pas de solution simple», dit Hébert

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Réjean Hébert

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(Sherbrooke) «Il n'y a pas de solution simple. On parle souvent de gens qui sont atteints d'Alzheimer ou qui ont des troubles cognitifs graves, donc ce sont des gens qui ne sont pas responsables de leurs gestes. Dans ce contexte, il s'agit davantage d'un problème de comportement. On ne peut pas non plus les attacher, les enfermer dans leur chambre ou leur administrer une lourde médication, ce qu'on appelle de la contention chimique», réagit l'ancien ministre de la Santé et gériatre Réjean Hébert, en lien avec la situation dénoncée par des membres du personnel du pavillon Argyll.

«C'est difficile à gérer. Et c'est du cas par cas. Dans une situation de problème de comportement, le rôle du personnel est d'intervenir afin que ces problèmes se produisent le moins souvent possible. Je crois que les employés vont loin en parlant de loi du silence», ajoute le Dr Hébert.

Dans le cas où l'agresseur est responsable de ses gestes, la chose à faire est évidente pour le gériatre. «C'est un crime et il doit être dénoncé. Et tout citoyen victime ou témoin de ce type d'agression doit faire une plainte à la police», commente-t-il.

L'isolement des patients ayant des troubles de comportement sexuel dans des ailes prothétiques n'est pas une solution selon le gériatre. «Ils auraient le même comportement dans une aile prothétique», lance M. Hébert ajoutant que la séparation des résidents par genre n'est pas non plus une solution viable. «Les hommes et les femmes ne sont plus séparés dans les unités de soins depuis 25 ans, soit depuis que les religieuses se sont retirées du réseau. Depuis, le personnel comme les résidents sont mixtes», relate Dr Hébert.

Par contre, l'ancien ministre de la Santé confirme que lorsqu'un rapport d'incident est déposé dans un Centre hospitalier de soins de longue durée, le répondant du résident agressé doit être informé. «La personne ressource du résident, inscrit au dossier, doit être informée, mais ça ne veut pas dire que toute la famille du résident doit être informée», soulève le Dr Hébert.

La stratégie à appliquer dans ce genre de situation est d'augmenter la surveillance et de tenter de réduire au minimum le contact entre victimes et agresseurs potentiels, résume le gériatre.

Et s'il manque de ressources humaines pour augmenter la surveillance? «Il faut faire attention à ce genre d'arguments qui est souvent un alibi syndical», prévient le Dr Hébert.

Seulement deux cas d'agression sexuelle survenue dans des centres d'hébergement pour personnes âgées, toutes catégories confondues, ont été rapportés au Service de police de Sherbrooke au cours des deux dernières années. En 2014, le rapport concerne l'agression d'un résident par un autre résident. Le rapport de 2015 concerne un employé qui aurait été agressé par un résident.

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