Art en résidence

Marie-Marthe Martel et Eda Tarlo sont très heureuses... (Imacom, Jessica Garneau)

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Marie-Marthe Martel et Eda Tarlo sont très heureuses de participer au projet Terra incognita, mis en oeuvre par Marianne Roy, qui leur permet de faire des rencontres créatives avec des artistes de la région.

Imacom, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) «Ne pas lire, c'est le pire. Marcher, c'est bon pour les pieds. Une famille chaleureuse, c'est fabuleuse. Mes amis sont les livres.»

Voilà un extrait du texte composé par Eda Tarlo, 97 ans, lors de l'atelier d'écriture offert par le slameur et auteur David Goudreault. Cette activité a été organisée dans le cadre du projet Terra incognita qui provoque des rencontres créatives entre des personnes âgées et des artistes professionnels de la région.

Dans les corridors de la Résidence Murray, Mme Tarlo marche en valsant, parle souvent en chantant ou, sinon, avec un humour digne des grands comiques.

L'art a toujours fait partie de la vie d'Eda Tarlo. Née en Russie, elle est arrivée au Canada avec un groupe d'orphelines à l'âge de 5 ans. Jamais adoptée, elle a grandiau gré des vents dans différentes familles d'accueil. «J'étais trop vieille et trop tannante pour qu'on m'adopte», lance-t-elle en riant.

Dès que l'occasion se présentait, Mme Tarlo courait au théâtre ou au concert.

«On était très pauvre. Au lieu de prendre le bus pour aller travailler, je marchais et gardais l'argent des tickets d'autobus. Dès que j'en avais suffisamment, je m'achetais un billet pour le théâtre. J'ai appris le français en lisant des pièces de théâtre avec un dictionnaire à mes côtés», lance la mère de trois enfants, dont un fait carrière en musique à New York.

Pour sa part, Marie-Marthe Martel, qui a grandi au sein d'une famille agricole, n'avait jamais eu de contact avec le monde artistique avant que les ateliers du projet Terra incognita lui soient proposés. «Nous, on trayait les vaches à la main. On n'allait pas aux concerts», lance Mme Martel, 81 ans, originaire de la Gaspésie et mère de cinq enfants.

«Quand le premier atelier m'a été proposé, j'ai décidé d'essayer. Et quand j'ai vu que j'étais capable de participer, j'ai décidé d'aller aux ateliers suivants», relate Mme Martel pleine de fierté.

Le slameur et auteur David Goudreault a l'habitude de donner des ateliers de slam et d'écriture en entreprises, en milieux scolaires et même en prison.

«Les personnes âgées font preuve d'une belle ouverture d'esprit. Je les comparerais davantage aux enfants qu'aux ados ou aux détenus (!) que je rencontre. Elles embarquent et sont intéressées. D'ailleurs, ce qui m'a le plus surpris est leur facilité à écrire. Certains ont écrit de longs textes. D'autres de plus courts, comme Mme Tarlo, mais plein de poésie. Vraiment, de bellesrencontres», commente-t-il.

Marianne Roy, responsable des loisirs à la Résidence Murray, est très satisfaite du taux de participation des résidents aux activités qu'elle a mises en place depuis le printemps avec le projet Terra incognita. Le début d'une belle aventure, souligne la direction, puisqu'une nouvelle cuvée d'artistes sera invitée à la résidence dès que cette édition du projet sera terminée.

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