Des criquets dans vos biscuits

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Emanuelle Boutin-Gilbert
La Tribune

(SHERBROOKE) Des insectes dans votre assiette? Plus ou moins ragoutant, diront certains. Pourtant, quand la planète sera peuplée de 9 milliards d'êtres humains, que la nourriture viendra à manquer, que le rationnement sera un incontournable, les différentes populations devront se tourner vers d'autres solutions. Il apparaît qu'un jour, les insectes feront partie de vos plats préférés.

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Riz frit aux sauterelles, sauté de légumes aux larves, soupe de grillons... ça donne envie, non? En attendant, les plus frileux peuvent se procurer des barres tendres à haute teneur protéinique faite à partir de farine de criquets. C'est un jeune entrepreneur de Sherbrooke, Uros Petricevic, ainsi que son associé, Vincent Sergerie-Jeannotte, qui, du haut de leur vingt ans, se sont lancés dans cette aventure, celle de faire connaître l'alimentation par les insectes.

« La consommation de viande met énormément de pression sur l'environnement, et l'élevage d'insectes est une alternative à la nourriture conventionnelle », soutient Uros Petricevic.

Tout a commencé quand le jeune homme en a parlé à son coloc, qui allait devenir son associé. Les deux étudiants à HEC, convaincus de leurs idées, se sont d'abord lancés dans l'élevage de criquets dans leur appartement de Montréal. « Ça n'a pas fonctionné... les insectes avaient des malformations, d'autres se sont enfuis des aquariums », raconte l'entrepreneur en riant.

Pour poursuivre leur projet, les deux amis ont fait appel à une entreprise ontarienne qui fait de la farine d'insectes. De là, ils ont développé des produits susceptibles d'intéresser les consommateurs et les amateurs de nourriture biologique et écologique.

« L'ouverture des Québécois est là, mais à notre avis elle n'est pas encore assez grande pour qu'ils osent manger des insectes entiers tels quels. C'est pourquoi nous avons préféré faire des barres avec les insectes réduits en farine », explique-t-il.

Pour le moment, ils offrent des biscuits au chocolat faits à base de farine de criquets, et deux barres tendres : l'une est un mélange de pâte de fruits à la canneberge, de dattes, de graines de chia, de noix de coco et de chocolat blanc alors que l'autre rassemble trois ingrédients simples en plus de la farine de criquets, soit des graines de chanvre, des graines de lin et du cacao.

La vente de leurs produits a commencé il y a un peu moins d'un mois sur leur site internet tarzannutrition.ca et ils ont maintenant deux points de vente à Sherbrooke, soit au

Module Parkour et à La Grande Ruche.

De plus en plus populaire

Une Fête des bibittes en mai a permis de réaliser combien les Sherbrookois sont ouverts à l'idée de manger des insectes. « Les gens étaient curieux et n'hésitaient pas à goûter... Les enfants étaient même moins hésitants », a raconté Mylène Ouellette, responsable des communications au Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke.

Plusieurs congrès internationaux sur l'alimentation offrent des séances d'informations sur l'intégration des insectes dans l'alimentation quotidienne alors que d'autres en font leur thème principal. C'est d'ailleurs à l'issue de l'un de ces événements que l'idée de créer une ferme d'insectes a surgi. Étienne Normandin et Nabil Chaib Draa commenceront leur élevage de grillons et de ténébrions meuniers bientôt à Frelighsburg. Ils y offriront de façon récurrente de la formation et des cours de cuisine à base d'insectes. Ils y mèneront également des travaux de recherche afin d'identifier les insectes locaux qui pourraient être utilisés dans l'alimentation.

« On sait que la demande est là, on est demandés par les salons... À vrai dire, on n'arrive pas à fournir pour l'instant. À court terme, on n'est pas inquiets », dépeint Nabil Chaib Draa. « Plusieurs nous disent que c'est là que se trouve le futur et qu'ils nous achèteront des insectes une fois que notre production sera suffisante. Les gens sont curieux et c'est encourageant », termine l'éleveur d'insectes.

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