La Coalition pour le contrôle du tabac doute de l'étude de l'AQDA

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT) soutient que la plus... (Archives Bloomberg)

Agrandir

Archives Bloomberg

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Gabrièle Roy
La Tribune

(SHERBROOKE) La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac (CQCT) soutient que la plus récente étude de mégots menée par l'Association québécoise des dépanneurs en alimentation (AQDA) est « une autre étude douteuse de l'AQDA. »

Dre Geneviève Bois... (Archives La Presse) - image 1.0

Agrandir

Dre Geneviève Bois

Archives La Presse

Hier, La Tribune publiait les résultats de l'étude de mégots de l'(AQDA) qui démontre que la contrebande est toujours bien présente au Québec, notamment à Sherbrooke, mais que contrairement à ce que le ministère de la Santé énonce, les jeunes ne fument pas de cigarettes mentholées.

La porte-parole de CQCT, la Dre Geneviève Bois, explique qu'« il est tout à fait faux de prétendre que la consommation de cigarettes au menthol n'est pas importante chez les jeunes. Alors que le menthol est utilisé par seulement une petite minorité de fumeurs adultes, soit un fumeur sur 20, c'est le tiers des jeunes fumeurs au Québec qui consomme des cigarettes mentholées. » Elle ajoute également que les produits avec des saveurs sont la voie d'entrée des jeunes vers le tabagisme.

Toutefois, l'étude de l'AQDA menée par la firme montréalaise NIRIC démontre que la moyenne du pourcentage de mégots des cigarettes mentholées sur les sites qu'ils ont recensés se situe habituellement entre 0 et 1 %. Le responsable de l'étude en question, l'ingénieur de NIRIC, Jean-Simon Venne, mentionne que les autres études de mégots faites dans différentes provinces du Canada révèlent toutes les mêmes résultats. « Nous sommes très rassurés de voir que les résultats sont les mêmes partout, mais on se demande d'où vient leur 30 %. »

«La CQCT fait des recherches scientifiques et des sondages à partir de leurs tours d'ivoire.»


La Dre Bois explique que ces chiffres sont les données les plus récentes provenant de l'Enquête sur le tabagisme chez les jeunes (2012-2013) menée par le Centre Propel de l'Université Waterloo qui est financé par Santé Canada et la Société canadienne du Cancer. L'étude de NIRIC est selon elle une « fabrication de données pseudoscientifiques » faite par « un groupe allié à l'industrie du tabac. »

D'un autre côté, le directeur des affaires publiques de l'AQDA, Guy Leroux, doute de leur méthode de sondage. « La CQCT fait des recherches scientifiques et des sondages à partir de leurs tours d'ivoire, mais nous on va sur le terrain et ce qu'on constate c'est que les jeunes n'en fument pas de menthol! »

L'AQDA s'inquiète que si les cigarettes au menthol sont enlevées du marché, les gens aillent s'en procurer chez les contrebandiers. « Enlever ces cigarettes du marché serait donner aux contrebandiers une exclusivité sur un plateau d'argent », commente M. Leroux.

La Dre Bois n'est quant à elle pas convaincue de ces propos. « Il n'y a aucune donnée ni étude crédible qui porte à croire que la contrebande augmenterait s'il n'y avait plus de produits mentholés ou autrement aromatisés. Au contraire, des études montrent que l'interdiction du menthol pousserait plutôt les fumeurs de cigarettes mentholées à arrêter de fumer, ou alors à changer de produits. »

Elle incite également l'AQDA à « abandonner cette vieille hypothèse discréditée. »

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer