Agriculture urbaine: un immense potentiel à faire pousser

Daniel Minani et  Mario Desmarais... (Imacom, René Marquis)

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Daniel Minani et  Mario Desmarais

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) La ville de Sherbrooke possède un potentiel de développement énorme pour l'agriculture urbaine, avance le réalisateur Mario Desmarais.Celui qui a produit, scénarisé et réalisé le documentaire Une révolution agricole urbaine, qui se veut un tour d'horizon des différentes mises en application de cette pratique, croit qu'une ville verte comme Sherbrooke a tout ce qu'il faut pour développer cette forme d'agriculture.

«C'est l'économie de l'avenir, mais à Sherbrooke on n'a pas encore mis l'agriculture urbaine dans la planification et c'est un peu dommage. On a tendance à laisser ça à Coaticook ou Compton et dire que ce sont eux qui font du maraîcher», note-t-il.

Devant la tendance mondiale qui prévoit que 60 % de la population vivra dans des villes d'ici 2025, M. Desmarais estime que Sherbrooke aurait tout intérêt à rapidement envisager le développement de cette agriculture de proximité.

«Il faudrait prévoir immédiatement des corridors de verdure destinés à l'agriculture à Sherbrooke, des zones où on peut cultiver et faciliter la vie des agriculteurs urbains», plaide-t-il.

Optimiser les espaces

L'agronome Daniel Minani, du Centre maraîcher Dubé & fils, est l'un des rares agriculteurs actifs dans la ville de Sherbrooke. Il est convaincu que dans un avenir rapproché, il ne sera plus seul, à condition qu'on accorde aux agriculteurs l'espace requis.

«L'agriculture urbaine à l'avantage d'économiser l'espace. Dans notre culture, on a eu tendance à penser que l'agriculture doit être loin des villes, mais avec les connaissances d'aujourd'hui, des citadins qui ne veulent pas quitter leur ville peuvent pratiquer leur métier d'agriculture quand même.»

«Les urbanistes restent dans des schémas traditionnels développés à partir de l'automobile. Il faut qu'il y ait des initiatives qui viennent chambouler les choses», avance pour sa part David Maurice, président des AmiEs de la Terre.

«Un modèle illusoire»

L'agriculture urbaine comme économie alimentaire de masse demeure toutefois un projet marginal selon le directeur général de l'Association des producteurs maraîchers du Québec, André Plante, qui croit que l'agriculture continuera de se pratiquer en grande majorité à l'extérieur des villes.

«Il existe de moins en moins de zones agricoles disponibles dans le périmètre des villes, insiste-t-il. On ne démolira pas des condos pour faire pousser des champs, c'est illusoire de penser ça.»

Le développement technologique permet aujourd'hui de cultiver des aliments à des endroits peu orthodoxes comme sur un toit, mais M. Plante souligne que ces initiatives sont difficiles à rentabiliser. Selon lui, l'avenir de l'alimentation urbaine passe par l'implantation de marchés publics.

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