Casse-tête budgétaire dans les CPE

Les centres de la petite enfance constatent ces jours-ci l'ampleur des... (Archives La Tribune, Jessica Garneau)

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(SHERBROOKE) Les centres de la petite enfance constatent ces jours-ci l'ampleur des nouvelles compressions qui touchent leur budget. Réduction de personnel, scénarios de fusion, économies d'échelle... plusieurs pistes sont étudiées afin de faire face à ces nouvelles coupes.

Au CPE L'Ensoleillé, une installation de 76 places qui doit composer avec 26 000 $ de moins dans ses coffres, «on n'est pas fermé à des fusions», admet la directrice générale de l'établissement, Danielle Lavallée. «On regarde les opportunités», souligne-t-elle. Si la directrice connaît l'ampleur de la coupe, elle ne sait pas encore exactement comment elle va réussir à récupérer une telle somme.

L'établissement s'est départi l'an passé de sa secrétaire-comptable. C'est Mme Lavallée qui assume maintenant ces tâches, en plus des siennes. Fusionner avec un autre CPE pourrait permettre d'embaucher une secrétaire-comptable à deux, une journée chacune, illustre-t-elle. «Ça nous permet de se diviser les coûts», dit-elle en citant aussi la question du pouvoir d'achat.

Pourrait-on en arriver à de nouvelles réductions de personnel? «Oui, ça fait partie des possibilités. J'aimerais ça réussir à trouver autre chose», lance Mme Lavallée, qui doit discuter de la question avec le syndicat. La direction regardera aussi avec attention les économies qu'elle pourrait réaliser dans différents postes budgétaires. Le conseil d'administration a aussi soulevé la possibilité de lancer des campagnes de financement pour payer «le matériel éducatif et les sorties.» «Notre but, c'est d'offrir des services de qualité.»

«Ça n'affecte pas la qualité de la nourriture : ce sont nos menus, nos recettes. Les enfants ne verront pas de diminution de la qualité.»


Au CPE Pleine lune, qui compte quatre installations et 200 places à Magog et Eastman, la coupe représente environ 85 000 $. «On cherche où on coupe, on regarde des alternatives», commente la directrice générale, Any Sanders, qui souligne que l'exercice n'est pas terminé. Un poste de cuisinière a été supprimé. Une cuisinière et une aide-cuisinière, qui préparaient les repas pour deux installations, doivent le faire pour trois. «C'est d'ailleurs une tendance dans plusieurs CPE.»

«Ça n'affecte pas la qualité de la nourriture : ce sont nos menus, nos recettes. Les enfants ne verront pas de diminution de la qualité.» L'exercice est d'autant plus difficile en raison de l'arrivée tardive des règles budgétaires; les années financières des CPE commencent en avril.

Plus d'une dizaine de pistes d'économies sont étudiées. La fusion n'est cependant pas une option. «On est déjà quatre installations.»

Le CPE Sel et Poivre de Windsor devra pour sa part composer avec une somme oscillant entre 40 000 $ et 45 000 $ en moins, selon le directeur général, Jean Gagné. L'établissement compte environ 92 enfants dans deux installations. La production alimentaire a été concentrée dans une installation; il n'est cependant pas question de coupe de poste.

Rappelons qu'une coupe de 74 M$ a été faite dans les garderies subventionnées à la suite du dernier budget provincial.

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Lyne Bélanger

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Les nouveaux projets tardent à se réaliser

Les histoires de nouvelles installations de CPE qui tardent à ouvrir se multiplient dans la région.

Le CPE L'Ensoleillé, situé rue des Blés à Sherbrooke, doit ouvrir une deuxième installation qui devait être prête... en 2014. «On est pris dans les dédales du Ministère (de la Famille). C'est un peu décourageant», lance la directrice générale de l'Ensoleillé, Danielle Lavallée. «Je ne dis plus de date aux parents! Je suis rendue au printemps 2016...» Parmi les écueils rencontrés, elle cite notamment des demandes du Ministère par rapport aux plans du projet.

Le discours se ressemble du côté du CPE Tout petit, Toute Petite, situé sur le campus principal de l'Université de Sherbrooke. Ce CPE doit ouvrir une deuxième installation sur un terrain de l'UdeS. «L'échéancier initial, c'était en mars 2015... Ça n'ira pas avant 2016, c'est clair», explique la directrice générale de l'établissement, Lyne Bélanger.

Nathalie Lévesque, relationniste au ministère de la Famille, indique que chaque dossier est unique. Elle souligne que dans le dossier de l'Ensoleillé, les délais sont liés à des modifications à apporter aux plans. «La firme d'architectes a été saisie à de nombreuses reprises de modifications aux plans», indique-t-elle.

Quant au CPE Tout petit, Toute petite, Mme Lévesque observe que c'est l'UdeS qui a cédé un terrain et que des délais ont été occasionnés notamment avec la présentation d'une étude géotechnique.

Interrogée à savoir si le Ministère manquait d'employés ou encore s'il avait resserré certaines règles, Mme Lévesque répond non.

Les CPE Magimo et l'Enfant Do ont aussi défrayé les manchettes en raison des délais rencontrés dans leur projet.

Conventions échues

Par ailleurs, les conventions collectives des employés des CPE de la CSQ et de la CSN étant échues, les négociations se dérouleront cet automne. «On n'a pas encore commencé à négocier. On essaie d'établir un protocole de négociations», explique la présidente du Syndicat des travailleuses et des travailleurs des CPE de l'Estrie (CSN), Stéphanie Vachon. «Techniquement, on s'est entendu et engagé à faire les mêmes demandes salariales que le front commun», explique Mme Vachon. On parle d'au moins 13,5 % sur trois ans.

Le Conseil du trésor, pour sa part, propose plutôt un gel salarial en 2015 et 2016 , et 1 % en 2017, en 2018 et 2019. Le STTCPE représente plus de 1000 membres. La convention collective est échue depuis le 31 mars 2015. «On est prêt à négocier, les demandes sont prêtes», précise Mme Vachon.

Même si les mesures d'économies n'ont pas encore été toutes mises en place, le portrait des impacts des compressions commence à se dessiner, note Mme Vachon. Les mesures sont variées : on pense tant à des compromis dans la prise de congés, le passage de postes temps plein à temps partiel que des scénarios de fusion qui planent. Certains cadres ont aussi proposé de diminuer volontairement leurs heures de travail.

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