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La famille d'Isabelle Prévost célèbrera ses funérailles au 1er anniversaire de son décès

Le premier rapport publié par le Bureau d'enquêtes... (Archives AP)

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Le premier rapport publié par le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile de la France indique que l'équipage du vol AH5017 d'Air Algérie n'a tenté aucune manoeuvre pour reprendre le contrôle de l'appareil et éviter l'écrasement.

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(SHERBROOKE) Les proches d'Isabelle Prévost, cette Sherbrookoise de 35 ans décédée il y a un an lors d'un écrasement d'avion au Mali, pourront finalement faire leur deuil. Douze mois plus tard, cette mère de trois jeunes enfants manque encore énormément aux membres de son entourage.

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Isabelle Prévost

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Les funérailles de la disparue auront lieu en fin de semaine. «Nous pourrons vraiment faire notre deuil», affirme son conjoint Danny Frappier.

«Nous pourrons boucler la boucle et passer à autre chose. Nous avions décidé d'attendre au premier anniversaire de sa mort pour célébrer les funérailles.»

Rappelons qu'Isabelle Prévost s'est envolée pour le Burkina Faso le 14 juillet 2014 avec un couple d'amis burkinabés et leurs enfants, qui résidaient à Longueuil. Le 23 juillet, ils sont tous montés à bord du vol AH5017 de la compagnie Air Algérie assurant la liaison Ouagadougou-Alger avec 115 autres personnes. Peu de temps après le décollage, l'appareil a disparu des radars au-dessus du Mali pour finalement s'écraser à 50 km au nord de la frontière du Burkina Faso.

En septembre dernier, les proches d'Isabelle Prévost s'étaient rassemblés pour commémorer la mémoire de cette Sherbrookoise reconnue pour être décontractée et empreinte de joie de vivre.

Grâce à son ADN, on a pu identifier Mme Prévost. Ses restes ont été incinérés en France, étant donné que les cendres sont plus faciles à rapatrier au pays. La famille est allée les chercher à l'aéroport de Montréal en février dernier, explique M. Frappier.

«On nous avait dit que ça pourrait prendre un an ou deux avant que l'identification soit complétée. Ç'a été long, mais quand même moins qu'on pensait au départ», dit-il à La Tribune.

«Je voulais qu'elle soit formellement identifiée comme faisant partie des victimes. Maintenant, nous avons une preuve tangible de son décès.»

«J'aimerais remercier tout le monde qui nous a soutenus. Ils ont été d'un grand secours.»


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Danny Frappier

Archives La Tribune, Jessica Garneau

L'année qui s'est écoulée n'a pas été facile pour ses proches. «Les enfants ont pu terminer leur année scolaire. Nous avons reçu du soutien d'intervenants et de psychologues. Je m'occupe des enfants. Je pense pouvoir retourner au travail d'ici quelques mois.»

«J'aimerais remercier tout le monde qui nous a soutenus. Les proches, les voisins, les collègues de travail et la communauté burkinabée. Ils ont été d'un grand secours.»

La famille accueillera parents et amis à la Coopérative funéraire de l'Estrie vendredi, de 19 h à 21 h 30, ainsi que le lendemain de 9 h à 11 h. Les funérailles seront célébrées samedi à 11 h 30, en la basilique-cathédrale Saint-Michel. Suivra l'inhumation au cimetière naturel de la Coopérative. Outre son conjoint, Isabelle Prévost laisse dans le deuil ses enfants Antoine, Florence et Jasmine.

Recours collectif

En juin dernier, Danny Frappier a décidé de participer à un recours collectif à être intenté contre la compagnie aérienne. Une demande a été formulée afin de regrouper les proches des victimes de cet écrasement.

M. Frappier n'a pas de bons mots pour Air Algérie. Selon lui, la compagnie a tardé à verser un montant d'urgence aux proches des victimes. «La compagnie doit donner l'argent dans les 14 jours après l'écrasement. La plupart des gens l'ont reçue plus de six mois après», déplore-t-il. «C'est un manque de respect de leur part, je crois.»

Des erreurs de pilotage ont causé l'accident

La présence d'une importante cellule orageuse et des erreurs de pilotage pourraient avoir causé la perte du vol AH5017 d'Air Algérie, indique le premier rapport publié par le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile de la France (BEA), qui travaille en collaboration avec la Commission d'enquêtes, d'accidents et d'incidents de l'aviation civile du Mali pour élucider cet accident.

«C'est comme si les pilotes avaient provoqué l'écrasement», a fait remarquer à La Tribune le conjoint de la Sherbrookoise Isabelle Prévost, Danny Frappier.

«C'était une équipe de pilotage peu expérimentée. Ils pilotaient seulement six mois par année. Ils avaient fait du simulateur avant, mais qui ne correspondait pas au modèle d'avion utilisé. C'était seulement leur deuxième vol dans cette zone du Mali connue pour être dangereuse», ajoute-t-il.

Rappelons que, le 24 juillet 2014, l'avion de type MD83 effectuait une liaison d'Ouagadougou au Burkina Faso à Alger en Algérie. La Sherbrookoise Isabelle Prévost se trouvait à bord en compagnie d'un couple canadien. Deux autres Québécois se trouvaient à bord.

Peu après le décollage qui a eu lieu à 1 h 15, l'équipage a fait plusieurs changements de cap afin de contourner une cellule orageuse. Le pilote automatique a été engagé alors que l'avion a atteint l'altitude de croisière de 31 000 pieds.

Environ deux minutes plus tard, la source principale d'information pour la gestion de la puissance du moteur est devenue erronée sur le moteur droit et, environ 55 secondes plus tard, sur le moteur gauche. La cause de cette erreur cruciale? Les capteurs de pression situés à l'avant du moteur se sont emplis de givre.

Il existe pourtant un système de protection d'antigivrage des moteurs qui réchauffe ces capteurs de pression à l'air chaud lorsque le système est activé.

Les données disponibles indiquent que l'équipage n'a pas activé le système lors de la montée et de la croisière de l'appareil à ses 31 000 pieds.

Comme les informations transmises au pilote automatique étaient erronées, la poussée délivrée par les moteurs est vite devenue insuffisante pour maintenir l'avion en vol.

Ainsi, la vitesse de l'avion est tombée de 290 kt à 200 kt en environ 5 min et 35 sec.

Environ 20 secondes après, le pilote automatique a été débrayé. L'avion a roulé tout à coup vers la gauche de façon importante.

Les paramètres enregistrés montrent que l'équipage n'a tenté aucune manoeuvre pour reprendre le contrôle de l'appareil.

Pourtant, dans l'histoire de l'aviation civile, au moins deux événements similaires se sont produits sans conséquences graves.

Par exemple, le 8 juin 2014, soit quelques semaines seulement avant l'écrasement d'Air Algérie, un MD83 de Swiftair a subi une baisse de sa vitesse alors qu'il volait au-dessus de la couche nuageuse. L'équipage a détecté le problème, a mis l'avion dans une descente et a activé les systèmes d'antigivrage des moteurs, ce qui a évité le décrochage et a permis à l'avion de poursuivre son vol sans plus de problème.

Le travail d'enquête du BEA français se poursuit pour finaliser le rapport d'enquête, en particulier sur l'analyse des paramètres de vol, l'analyse des réactions de l'équipage, et ce, malgré l'absence de données de l'enregistreur de voix dans la cabine de pilotage, qui sont inutilisables.

-Avec Marie-Christine Bouchard

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