Les boîtes de récupération de vêtements se multiplient

Les boîtes de récupération de vêtements se multiplient sur les coins de rue... (Imacom, Jessica Garneau)

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(SHERBROOKE) Les boîtes de récupération de vêtements se multiplient sur les coins de rue dans la région. Une fois ses chemises et ses robes triés, une fois que l'on a fait le ménage dans la garde-robe de ses enfants, à quels organismes doit-on donner? Voilà la question que se posent plusieurs citoyens, dont le conseiller municipal Marc Denault.

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Marc Denault

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La Tribune a parcouru les différents arrondissements sherbrookois sur ses plus grands axes pour constater que les cours des stations-services, des dépanneurs, de plusieurs sites de restauration rapide et de certains magasins d'alimentation avaient été envahis par les cloches de vêtements : plus d'une soixantaine ont été repérées dans le cadre de ce tour de ville. Les plus fréquentes sont celles des Résidences Monchénou, Récupex, Estrie Aide et Entraide diabétique du Québec.

Dans la dernière semaine, une nouvelle boîte a également fait son apparition. Il y est écrit « Don de vêtements, Recycle vêtements », mais les coordonnées d'aucun organisme ne sont visibles sur la boîte. Il est donc impossible de savoir où s'en vont les vêtements ainsi offerts.

Le service d'urbanisme de la Ville de Sherbrooke s'est penchée au cours des dernières semaines sur la présence de ces bacs aux quatre coins des rues, une présence qui n'est réglementée d'aucune façon.

Plusieurs villes du Québec ont d'ailleurs légiféré au cours de la dernière année ou sont en processus de le faire, justement à cause de la prolifération de ces boîtes.

« La question des boîtes de vêtements se pose à plusieurs niveaux : il y a les côtés social, environnemental et urbanistique », exprime le conseiller municipal Marc Denault.

On veut donner une deuxième vie à ces vêtements. Est-il possible de garder cette matière première à proximité?

Du côté environnemental, il faut évidemment se réjouir que ces milliers de vêtements soient détournés des sites d'enfouissement. Mais ça rejoint là l'aspect social de cette récupération : où s'en va donc cette matière première qui est déposée dans les boîtes de vêtements? « On veut donner une deuxième vie à ces vêtements, oui, mais est-il possible de garder cette matière première à proximité plutôt que de l'envoyer à Montréal ou dans d'autres pays? » interroge Marc Denault.

Du point de vue de l'urbanisme, c'est l'esthétisme de certaines boîtes, sur certains coins de rues, qui pose problème, ou bien l'accumulation de sacs à côté des boîtes lorsque celles-ci sont pleines. « On veut bien que ça demeure un équipement de proximité, mais de quelle façon? Comme Ville, on doit se le demander. »

Voilà d'ailleurs le type de questions que se posera le service d'urbanisme. En effet, pour l'instant, nul besoin d'un permis municipal pour déposer une boîte de collecte de vêtements; il suffit de s'entendre avec un commerçant pour pouvoir utiliser son terrain.

« Je crois que cela va changer. La Ville est en train de voir dans quel type de règlement on peut intégrer ça », ajoute Marc Denault.

Marché en évolution

Hélène House, d'Entraide diabétique du Québec, a comme mandat de surveiller l'évolution de cette industrie sur le marché québécois. Chose certaine, explique-t-elle, le marché a beaucoup évolué au cours des 18 derniers mois, surtout dans la grande région de Montréal. La tendance est en train de se répandre ailleurs en province et commence donc à se faire sentir à Sherbrooke.

« Beaucoup d'organismes récupèrent les vêtements pour les vendre à la livre sur les marchés internationaux. Il y a quatre ans, la livre de vêtement se vendait 0,08 $. Aujourd'hui, c'est entre 0,35 et 0,40 $ la livre », illustre-t-elle. Les vêtements ainsi récupérés servent notamment à faire des isolants pour les voitures.

« Il faut faire la différence entre les organismes qui récupèrent les vêtements pour donner les profits à un organisme, comme c'est le cas pour nous, et les promoteurs privés qui sont seulement là pour faire profits », nuance-t-elle.

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