Réchauffement climatique: la croissance des arbustes inquiète

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(SHERBROOKE) Le réchauffement climatique a une influence sur la croissance des arbustes de la toundra, qui croissent davantage. Or ces arbustes, dont la taille est influencée par le climat, pourraient eux-mêmes contribuer au réchauffement de la planète, montre une vaste étude internationale à laquelle participe l'Université de Sherbrooke.

L'étude regroupe une trentaine de chercheurs provenant de neuf pays et une analyse de données s'étalant sur 60 ans. Le taux de croissance des arbustes a été mesuré grâce aux cernes de croissance. «L'habitat qu'on a ciblé, c'est la toundra», explique le professeur Mark Vellend, professeur agrégé à la faculté des sciences de l'UdeS et chercheur participant à l'étude.

L'étude s'est intéressée à 37 sites recoupant un certain nombre d'espèces; la plupart d'entre eux se trouvent en Arctique.

«La sensibilité des arbustes aux changements climatiques est quand même générale. Même si c'est variable d'une place à l'autre, les trois quarts des combinaisons espèces-sites ont démontré une certaine sensibilité de la croissance des arbustes.»

Les arbustes étudiés illustrent les impacts des changements climatiques et «le potentiel qu'ils affectent eux-mêmes le réchauffement climatique.»

Certaines constatations peuvent soulever de l'inquiétude.

Avec leur couleur foncée, les arbustes vont absorber davantage l'énergie du soleil que la neige. «Plus il y a d'arbustes, plus il y a de chaleur qui est gardée sur la Terre, plus il y a de réchauffement. Plus il y a de réchauffement, plus il y a de fonte du pergélisol. Il y a beaucoup de carbone dans le pergélisol. Dès que ça fond, il y a du carbone relâché dans l'atmosphère, et là il y a des conséquences, pas juste dans l'Arctique. Ça contribue au réchauffement au niveau planétaire», constate Mark Vellend.

«C'est la plus grande étude traitant de la réponse des arbustes aux changements climatiques, estime M. Vellend. Les arbustes sont particulièrement intéressants. Comme le dit Isla (NDLR : Isla H. Myers-Smith, auteure principale de l'étude), ce sont les arbres de l'Arctique. Ce sont les plus grandes plantes, il n'y a pas d'arbre dans la toundra...»

Isla H. Myers-Smith, professeure à l'Université d'Édimbourg, a réalisé son postdoctorat à l'Université de Sherbrooke.

«La réponse des arbustes au réchauffement n'est vraiment pas homogène à travers l'Arctique (...), constate Mark Vellend. Il y a certains sites où on voit une très grande réponse des arbustes au réchauffement, ailleurs pas du tout.»

Même si la réaction n'est pas homogène, le «lien est assez clair». «Le climat influence la croissance des arbustes», note M. Vellend.

Les données recensées dans l'étude, qui fait l'objet d'une publication dans la revue Nature Climate Change, auront d'importantes retombées dans la communauté scientifique, croit le professeur de l'UdeS.

«Il y a beaucoup de scientifiques qui font de la modélisation. Ils attendent impatiemment des données sur la réponse de la végétation au réchauffement, l'effet de la végétation sur le réchauffement. Les études comme ça vont nourrir la prochaine génération des modèles du climat de la Terre.»

L'étude permettra aussi de se pencher sur le «verdissement» de l'Arctique. Des chercheurs planchent déjà sur cette question.

«Avec le temps, on voit qu'il y a de plus en plus de vert dans l'Arctique. On peut poser la question : est-ce que c'est parce que les arbustes croissent plus? (...) On aimerait valider la raison pour laquelle on voit du verdissement à travers les satellites.»

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