Drames familiaux: MomentHom peut aider

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(SHERBROOKE) Des drames familiaux comme ceux survenus à Anjou et Boucherville dans les derniers jours sont regrettables, mais surtout évitables.

Dans les deux cas, des relations amoureuses semblent être au coeur de la folie meurtrière des deux hommes qui en sont à l'origine : l'un était en procédure de divorce et l'autre était séparé depuis plus de dix ans, mais son ex-femme s'était remariée l'été dernier.

Selon Pierre Rondeau, intervenant au centre d'entraide pour hommes de l'Estrie MomentHom, le quart des hommes qui demandent de l'aide sont en situation de séparation amoureuse et la proportion grimpe à 40 % si l'on inclut toutes les difficultés conjugales.

«Ce que l'on voit des études, c'est que la vie affective des hommes est souvent dirigée exclusivement vers la conjointe et la famille alors que les femmes ont plus souvent tendance à développer un réseau à l'extérieur. Les hommes se retrouvent très seuls», explique-t-il.

MomentHom a récemment accueilli un millième homme, une millième demande d'aide qui, si elle n'avait pas été entendue, aurait pu lentement mais sûrement glisser vers de macabres solutions.

«À MomentHom, on en évite des drames comme ceux-là, affirme M. Rondeau. Quand ils sont au courant des ressources qui existent, les hommes viennent en chercher de l'aide.»

Tendre la main à la détresse

Tous les hommes ne réagissent pas de la même manière devant les embûches, qu'elles soient de nature amoureuse ou encore professionnelle, c'est pourquoi M. Rondeau croit que la honte que certains pourraient ressentir à l'idée de demander de l'aide ne doit pas être un obstacle.

«Ce n'est pas une honte, c'est même être fort, être humain», souligne-t-il. Le désespoir ressenti provient parfois simplement de la désorganisation engendrée par une rupture ou un changement important. Alors les intervenants agissent pour remettre de l'ordre dans les idées des hommes, et ce, sans jugement.

«Ce qu'on fait, c'est qu'on dédramatise la situation pour l'aider à se distancer du drame, à amorcer un deuil, mentionne M. Rondeau. Ça prend souvent simplement quelqu'un pour être à ses côtés.»

Le nombre de demandes stagne depuis deux ans chez MomentHom, mais ce sont tout de même entre 225 et 250 hommes qui consultent l'organisme par année. M. Rondeau espère que les plus récents événements conscientiseront encore davantage ces derniers à l'existence du service et inciteront les proches des hommes en détresse à poser un premier geste pour ceux-ci.

afaille@latribune.qc.ca

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