Trois cafés voisins au centre-ville, est-ce trop?

Le Café Croquis, le Cacao 70 et la... (Imacom, Maxime Picard)

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Le Café Croquis, le Cacao 70 et la Brûlerie Faro, qui se partagent le trottoir de la rue Wellington Nord sur une trentaine de mètres, illustrent bien la densité des cafés-bistro au centre-ville de Sherbrooke.

Imacom, Maxime Picard

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(SHERBROOKE) Le centre-ville est depuis longtemps le secteur qui abrite le plus de cafés sympathiques au mètre carré à Sherbrooke. Mais la chose est encore plus flagrante ces jours-ci, alors que le déménagement du Café Croquis et l'ouverture du Cacao 70 juste à côté de la Brûlerie Faro font en sorte que l'on retrouve trois cafés-bistro en une trentaine de mètres à peine.

Si on ajoute à ces trois voisins le Kàapeh Expresso, le Caffuccino ou encore le Café Bla-Bla, disons que les options ne manquent pas si l'envie vous prend de déguster un expresso en vous installant à une table avec un livre ou une pile de devoirs sans avoir à gravir la King ou à traverser la rivière.

Les propriétaires de cafés interrogés par La Tribune sont unanimes : leurs commerces ne sont pas des duplicatas; ils ont leurs propres spécialités.

« Chacun a son expertise, son ambiance... Je ne trouve pas qu'on joue dans les plates-bandes les uns des autres, il y a des différences notoires. Pour notre part, on va continuer à faire ce qu'on fait de mieux : du café et du café en grains, notre dada! » affirme Valérie Verhoef, de la Brûlerie Faro (ancienne Brûlerie de café de Sherbrooke).

C'est ce qu'on dit aussi à côté, au Cacao 70. « Nous avons du café, mais on ne se concentre pas là-dessus. Notre spécialité, c'est le chocolat, qu'on apprête de mille et une manières », souligne le directeur général Samy Kadosh, qui décrit d'ailleurs son commerce plus comme un « bistro » que comme un « café ».

La propriétaire du Café Croquis, Sylvie Drouin, va dans le même sens, en misant pour sa part sur sa cuisine végétarienne. « Ça ne me stresse pas qu'il y ait autant de cafés, parce qu'on offre tous des choses différentes. »

Pourquoi le centre-ville?

Bien que ces différences contribuent effectivement à distinguer ces commerces, pourquoi tenir à faire affaire au centre-ville alors que les cafés-bistro ne sont pas légion dans d'autres secteurs de Sherbrooke?

Demandons à Samy Kadosh, puisque le Cacao 70 est le petit nouveau de la Wellington. « On avait aussi regardé [dans le secteur de l'Université], mais ici, c'est beaucoup plus en développement, à long terme, ça semblait plus avantageux d'après nous. D'ici 2020, il devrait y avoir beaucoup de projets sur Wellington. Espérons qu'on va en faire partie avec la communauté », dit-il.

La clientèle joue également. « Il y a beaucoup de jeunes professionnels et d'étudiants qui se regroupent ici. Il y a des gens de 7 à 77 ans, mais majoritairement, ceux qui reviennent régulièrement sont de jeunes professionnels et des étudiants qui viennent étudier en mangeant quelque chose », ajoute-t-il.

Sylvie Drouin a beau avoir descendu son café d'un étage; elle n'a pas hésité à rester sur Wellington Nord lors de son déménagement. « Ça fait quand même sept ans que je suis sur la rue, j'ai ma clientèle. Peut-être que si quelqu'un voulait ouvrir un nouveau café et qu'il n'avait pas de clientèle je lui suggérerais de regarder ailleurs, mais ce n'est pas quelque chose que j'ai envisagé personnellement », dit-elle.

Comme Valérie Verhoef de la Brûlerie Faro le souligne, ça fait avant tout du bien de voir des locaux remplis au centre-ville. « Je suis hyper contente que les deux places se soient remplies, c'est le fun, ça offre de la variété aux gens. J'aime tellement mon centre-ville, c'est intéressant que les locaux vides ne le soient plus! » dit-elle.

« Par contre, je trouve ça un peu dommage qu'au même coin de rue on retrouve quatre profils similaires plutôt que des commerces plus variés. Mais c'est toujours plus positif de voir des locaux occupés que vides! C'est stimulant, ça nous permet de nous remettre à jour. »

Mme Verhoef s'interroge aussi à savoir pourquoi il y a relativement peu de cafés et de restaurants de quartier à Sherbrooke. « Peut-être que certains propriétaires immobiliers concentrent les affaires au centre-ville? Il y a une espèce de foire alimentaire qui s'installe ici, et ça devient le point de mire pour beaucoup de commerçants. Mais c'est sûr que pour ouvrir un café, ça prend de petits locaux avec une bonne visibilité, il n'y en a pas nécessairement beaucoup dans tous les quartiers. »

« Je crois beaucoup en la vie de quartier. C'est bien sur une rue résidentielle quand un petit café, un restaurant ou un bistro-midi s'opère là... ce n'est peut-être pas encore dans la culture sherbrookoise tout à fait », résume-t-elle.

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