Le coroner juge que le décès d'un homme handicapé aurait pu être évité en 2013

Des correctifs ont été apportés à ce chemin... (Imacom, Jessica Garneau)

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Des correctifs ont été apportés à ce chemin piétonnier de la place des Jonquilles, de même qu'à une trentaine d'autres, pour assurer la sécurité des citoyens en fauteuil roulant.

Imacom, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Le décès d'un homme en fauteuil roulant qui tentait de franchir un chemin piétonnier entre la place des Jonquilles et la 18e Avenue, en 2013, aurait pu être évitée juge le coroner Gilles Sainton dans un rapport datant du novembre 2013. La Ville de Sherbrooke n'a toutefois pas attendu la publication du rapport pour apporter des modifications à quelque 60 chemins piétonniers du même type et poursuit la mise à jour de ses installations.

En juillet 2013, l'homme de 59 ans qui souffrait de dystrophie musculaire a tenté de monter sur le trottoir avec son fauteuil roulant, mais la roue avant avait de la difficulté à franchir l'obstacle. En se donnant un élan, il a réussi à gravir le trottoir et à passer entre les deux poteaux placés pour empêcher la circulation automobile sur le chemin piétonnier. Il a heurté un de ces poteaux, a effectué une chute avant d'être coincé sous son fauteuil électrique. Une asphyxie a entraîné son décès.

Dans son rapport, le coroner notait qu'entre le ciment du trottoir et le revêtement de la chaussée, il y avait un espace de 10 cm qui n'était pas recouvert d'asphalte, ce qui produisait une dénivellation de plus ou moins 6 cm de profondeur. La distance entre les bornes empêchant la circulation automobile, à la place des Jonquilles, était de 90 cm.

«Les deux bornes sont respectivement à 25 cm et 73 cm de la chaussée. Cette distance ne permet pas de franchir les bornes avec les quatre roues sur le trottoir en même temps», lit-on dans le rapport.

Selon les normes établies par le ministère des Transports du Québec, la dénivellation entre le revêtement d'une chaussée et le trottoir doit être d'au plus 25 mm, ou de 13 mm pour une entrée donnant un accès universel «comme c'est le cas pour un passage piétonnier». À la place des Jonquilles, le trottoir était de 60 à 65 mm. Aucune norme n'a été établie pour la distance entre les bornes. Le guide «Aménagements en faveur des piétons et des cyclistes» de Vélo Québec suggère toutefois une distance de 1,1 m entre deux poteaux pour les passages fréquentés par les fauteuils roulants. Il est aussi recommandé «de placer les bornes à au moins 5 m du bord de la route».

Correctifs apportés

Le service de la voirie de la Ville de Sherbrooke a rapidement apporté les correctifs pour combler l'espace entre le revêtement de la chaussée et le ciment du trottoir dès qu'il a été informé de l'accident. Au service des communications de la Ville, on explique que les bollards de protection ont bien été éloignés de la rue.

La Ville a aussi procédé au recensement de tous les sites où des travaux s'imposaient et s'est donné un plan sur cinq ans pour apporter les correctifs. Une trentaine de passages pour piétons ont déjà été corrigés sur la soixantaine recensés. Ces travaux devraient être terminés d'ici deux ans. Le coût des travaux est intégré aux activités de réfection de trottoir.

jonathan.custeau@latribune.qc.ca

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