Un vrai film comme au cinéma!

Les artisans de Guiby le film : Patrick... (IMACOM, Jessica Garneau)

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Les artisans de Guiby le film : Patrick Boucher-Charron, Azadcan Camyurdu, David Budimir, Ruben Chouinard, Nicolas Parenteau, Isaac Brodeur, l'enseignante Caroline Tanguay, Jacob Cusson et Emmanuel Giangioppi (absent de la photo : Gabriel Semexant-Parent).

IMACOM, Jessica Garneau

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(SHERBROOKE) Lorsque le public découvrira Guiby le film, ce ne sont pas des vedettes qu'il verra à l'écran. Ce sont plutôt les élèves de la classe de Caroline Tanguay, de l'école primaire Sainte-Anne. Mais ce que le public ne verra pas dans cet opus de 90 minutes, ce sont les pas de géant que ces élèves ayant un trouble du spectre de l'autisme (TSA) ont fait au cours des derniers mois.

Neuf élèves de Mme Tanguay âgés entre 7 et 12 ans ont donné vie aux deux premiers tomes de la bande dessinée Guiby le super bébé de Sampar. L'enseignante est aussi étudiante à la maîtrise. C'est en parlant du projet d'une consoeur enseignante qui a réalisé un court métrage que l'idée de faire un film est venu. Mais les enfants, eux, ne voulaient pas se contenter de seulement 10 minutes. «On veut faire un vrai film!» lui ont-ils lancé. Le projet s'est concrétisé dans le cadre des cours, mais a largement débordé à l'extérieur des heures de classe. Plusieurs scènes de tournage ont eu lieu lors de congés et les fins de semaine. De fil en aiguille, Mme Tanguay a déniché une réalisatrice (qui a dû être remplacée par un réalisateur), la salle de classe s'est souvent transformée en studio de cinéma... «L'auteur (NDLR : Samuel Parent, alias Sampar) travaille beaucoup avec nous... Quand les enfants ont des questions, ils lui écrivent. Il nous aide beaucoup.»

La Tribune a rencontré les futures vedettes lors de leur dernière journée de classe, alors qu'ils partageaient leur dernier dîner.

«Ce qui m'a attiré à faire le film, c'est que Guiby est assez courageux, explique Isaac Brodeur, qui a joué le rôle-titre. Depuis ce temps-là, je me contrôle mieux.» «Il est beaucoup plus calme, il contrôle mieux ses émotions», confirme sa mère, Guylaine Boisvert. Ça a fait une grande différence au chapitre de ses émotions.» Comment le film a-t-il pu l'aider? Le père du garçon de 11 ans, François Brodeur, croit que le fait de jouer et d'interpréter a aidé son fils à comprendre les émotions. «C'est un défi qu'il s'est donné. Ça a très bien fonctionné», renchérit Mme Boisvert.

Identifier et gérer des émotions peut être difficile pour les élèves de Mme Tanguay. Or, l'adaptation cinématographique les a aidés à travailler sur cet aspect, pense-t-elle également. Ses petits acteurs ressentiront longtemps les effets bénéfiques du projet, estime-t-elle en citant notamment l'estime de soi.

Âgé de 12 ans, David Budimir «joue un rat mexicain qui parle français et espagnol». L'élève s'est montré un peu sceptique au début du projet. «Je me suis dit : Aye, bonne chance»!» lance-t-il, pour ensuite se dire que la classe pourrait y arriver. «Après, on s'est amusé comme des fous. On a eu beaucoup de joie et plein de travail d'équipe.» Sa mère, Adisa Budimir, avait aussi des interrogations. «Comme David, je me disais que ça prendrait beaucoup de temps», commente-t-elle en soulignant le travail acharné nécessaire au projet. Mais le jeu en valait la chandelle, témoigne-t-elle. L'initiative a eu des retombées positives notamment sur la concentration et la socialisation de son fils. «Il était fier!»

Le film devait être prêt en juin, mais un changement de réalisateur a décalé la sortie du film. Les enfants retoucheront certaines scènes cet été. Celles-ci ont été tournées sur un fond vert : le décor sera ajouté au montage. Le contexte s'avérait un défi supplémentaire pour les enfants, qui devaient interpréter différentes émotions dans un tel décor. Le travail des enfants s'est transformé en 40 heures d'enregistrement vidéo.

Caroline Tanguay a déjà promis une première et un tapis rouge aux enfants. La classe a notamment travaillé avec Samuel Girard, photographe, Pascal Dugrenier, réalisateur et monteur et Marilou Béland, réalisatrice. Ce n'est pas la première fois que les projets de «Mme Caroline» attirent l'attention. Cette année, l'enseignante en est à la rédaction de son 10e livre avec sa classe. Ses initiatives ont été récompensées à plus d'une reprise, notamment avec l'obtention du Prix Gilbert-Leroux de la Fédération québécoise de l'autisme, pour son projet de livre.

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