L'opposition n'a pas l'intention de se taire

Annie Godbout... (Archives La Tribune, Frédéric Côté)

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Annie Godbout

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(SHERBROOKE) Il n'y a peut-être pas de parti d'opposition à l'hôtel de ville, mais les conseillers qui ne partagent pas les opinions du maire Bernard Sévigny ou de son parti, le Renouveau sherbrookois, ne comptent pas se montrer plus dociles.

Réagissant à un article publié dans nos pages samedi dans lequel M. Sévigny invitait les dissidents à se manifester à l'intérieur de l'appareil municipal plutôt que sur la place publique, plusieurs conseillers mentionnent qu'ils n'ont pas l'intention de se taire.

Rappelons que M. Sévigny affirmait ne pas croire à «l'effet théâtral d'une opposition comme à l'Assemblée nationale» et qu'il mettait en doute l'efficacité des conférences de presse tenues par des opposants, notamment dans le dossier de l'Orford Express.

«Cet article met en lumière le fossé de plus en plus grand qui se creuse à l'hôtel de ville. Au provincial, les députés travaillent ensemble à des projets de loi, peu importe leur allégeance. Ça ne se passe pas comme ça à Sherbrooke. On ne sent pas beaucoup d'écoute», fait valoir Annie Godbout.

Mme Godbout avance que ses prises de position publiques ont toujours été les mêmes que derrière les portes closes. «Tout ce que j'ai dit publiquement, je l'avais déjà dit au conseil avant. Il y a de la partisanerie, c'est sûr et certain. Je le sais, on me l'a dit», ajoute-t-elle, faisant référence au dossier du boulevard Industriel, dans lequel elle estime avoir été tenue à l'écart.

Même son de cloche pour Hélène Dauphinais, qui rapporte avoir dû se battre pour prendre la parole lors de l'inauguration du Centre communautaire Françoise-Dunn alors qu'elle est présidente du comité de toponymie. «Nous avons aussi appris en quoi consistait Entreprendre Sherbrooke en même temps que tout le monde pendant le discours du maire devant la Chambre de commerce de Sherbrooke.»

Pour Mme Dauphinais, les propos du maire démontrent «le ton du personnage, qui n'est pas très réceptif à la critique. S'il ne change pas ses façons de faire, il devra s'habituer aux effets théâtraux et aux conférences de presse que nous tenons dans le but de prendre les meilleures décisions possible. Il faut que les citoyens sachent que leurs intérêts sont défendus. Si nous n'allons pas dans le même sens que le maire, il n'a pas beaucoup d'écoute. Il a parfois un ton acrimonieux qui vise à rabaisser les gens.»

Pierre Tardif qualifie le maire de théâtral également. «Nous sommes au moins deux. Le fait de sortir dans les médias nous aide à passer notre point parce qu'à l'intérieur du conseil, l'écoute n'est pas toujours là. Les gens oublient qu'on vit dans une démocratie et certains de nos confrères s'offusquent qu'on ne soit pas d'accord avec eux. Depuis l'histoire de la démission d'André L'Espérance à Destination Sherbrooke, certains ne me parlent plus et refusent de me serrer la main. Je n'hésiterai pas à continuer de donner mon opinion.»

Jean-François Rouleau invite ses collègues à rester au-dessus de la mêlée. «Il n'y a à peu près pas de débat et la provocation vient autant du maire que des conseillers. Je continuerai de m'exprimer et je laisserai les citoyens juger. Si tous les élus sont égaux et que le maire peut s'exprimer à l'extérieur du conseil, les autres élus ont les mêmes droits. C'est désolant ce qui se passe. C'est un non-respect de la démocratie municipale.»

jonathan.custeau@latribune.qc.ca

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