Les psychologues du public dénoncent l'abolition de la prime de rétention

Les psychologues qui oeuvrent dans le secteur public en Estrie ont appris, au... (Imacom, Maxime Picard)

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Emanuelle Boutin-Gilbert
La Tribune

(SHERBROOKE) Les psychologues qui oeuvrent dans le secteur public en Estrie ont appris, au renouvellement de leur convention collective en mars dernier, que la prime de rétention était abolie. Aujourd'hui, ils sont confrontés au départ de leurs collègues qui préfèrent le privé au public, ce qui n'allège pas leur tâche, alors qu'ils doivent déjà conjuguer avec des listes d'attentes interminables et des patients de plus en plus mal en point.

Jeudi, devant le pavillon Hôtel-Dieu du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, plus d'une trentaine de psychologues de toute la région ont manifesté leur désaccord avec la décision du gouvernement Couillard de supprimer le 30 mars dernier la prime de rétention à laquelle ils avaient droit depuis trois ans. Ils revendiquent son retour dans un délai le plus court possible.

Depuis décembre, les psychologues du secteur public sont en négociation avec le ministre Barrette, et ça n'avance pas selon eux. « Les offres du gouvernement sont tellement méprisantes », dépeint Lise Brouillette, représentante pour l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) . « Nos gens sont prêts à la grève à l'automne si ça débloque pas d'ici là », confirme-t-elle.

 

Public et privé

« L'écart salarial est de trente à cinquante pour cent entre le secteur privé et public », explique Mme Brouillette. Elle précise qu'il s'agit de gens qui ont un doctorat, une formation de 5 à 7 ans selon les programmes. « Il y a trois ans, le gouvernement avait reconnu cet écart. Ça venait adoucir l'écart entre le privé et le public, ça ne le comblait pas... Le programme venait réduire la pénurie de main-d'oeuvre au public », commente Mme Brouillette. Maintenant, « les gens ont réduit leur disponibilité, et se sont tournés vers le privé », décrie-t-elle.

Actuellement, il y a environ une centaine de psychologues qui pratiquent dans le secteur public en Estrie. « Il en faudrait plus », s'empresse de dire la représentante de l'APTS. « La santé mentale devrait devenir une priorité pour le gouvernement, et c'est pas le cas maintenant », souligne-t-elle.

 

Personnes vulnérables

Selon les psychologues, ce sont les personnes à risque qui seront le plus touchées par cette suppression. « Leur état se détériore et elles se retrouvent à l'urgence ou au département de psychiatrie et ça finit par coûter plus cher aux contribuables », poursuit Lise Brouillette. « Il y a des gens qui seront sur une liste perpétuelle et ne verront jamais quelqu'un », se désole-t-elle.

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