Cégep : les frais de scolarité bondiront

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Steve McKay, président du Syndicat du personnel enseignant

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Emanuelle Boutin-Gilbert
La Tribune

(SHERBROOKE) Diminution de la recherche au Cégep de Sherbrooke, abolition de projets novateurs, réduction des services d'accompagnement donnés aux étudiants : de nombreux membres du personnel et de la direction du Cégep de Sherbrooke s'indignent devant les compressions qu'impose le gouvernement Couillard.

Hier après-midi se tenait une rencontre faisant état des récentes décisions concernant les réorganisations administratives qui seront en vigueur d'ici la rentrée scolaire de septembre.

Plus concrètement, le Cégep de Sherbrooke devra s'infliger des coupes de 2 M$. L'institution ira chercher la moitié de ce montant en abolissant près d'une quinzaine de postes et en supprimant plusieurs projets de développement et de recherche. Autre mesure : les étudiants inscrits cet automne verront leurs frais de scolarité augmenter de quinze dollars. Une hausse supplémentaire est envisagée à partir de la session d'hiver.

En somme, il y aura moins de services offerts aux étudiants, alors qu'ils payeront davantage. Le milieu sera du même coup privé des apports importants du Cégep, dont une main-d'oeuvre qualifiée et une expertise régionale.

«C'est des petits bouts qui partent et on va se réveiller avec des institutions qui ne seront plus à la hauteur.»


Marie-France Bélanger... (Archives La Tribune) - image 3.0

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Marie-France Bélanger

Archives La Tribune

Bien qu'elle sabre son budget, la direction du Cégep devra tout de même présenter à son conseil d'administration un budget déficitaire d'un million $. «Le gouvernement ne semble pas comprendre que ces coupes compromettent notre capacité à offrir aux étudiants un accompagnement adéquat et à soutenir la richesse de la région. C'est inacceptable... on essaie de protéger et minimiser les impacts sur les étudiants, mais ce n'est pas vrai que ces coupes, ça n'a pas d'impacts», clame Marie-France Bélanger, directrice générale du cégep de Sherbrooke, qui est aussi présidente du conseil d'administration de la Fédération des cégeps.

Steve McKay, président du Syndicat du personnel enseignant (SPECS), parle de «lente privatisation du système d'éducation public». «C'est des petits bouts qui partent et on va se réveiller avec des institutions qui ne seront plus à la hauteur», décrie-t-il.

Il soutient que la direction devra changer d'approche. «Il faudra se mobiliser et être unis. À l'automne, ça va être capital qu'on sorte ensemble», conseille-t-il. «Qui veut la fin prend les moyens», soulève M. McKay.

Le personnel veut que l'immobilité de la direction cesse. Une enseignante s'alarme de la situation et croit que, comme elle est présidente du conseil d'administration de la Fédération des cégeps, Mme Bélanger a un pouvoir important et devrait intervenir davantage.

La direction rétorque qu'elle aussi est indignée du sort qui est réservé à un établissement comme le leur. «Ça fait longtemps qu'on le dit et qu'on en parle», répond Mme Bélanger. «On a écrit au ministre, on a adopté des résolutions et on a fait des sorties publiques», énumère-t-elle. Toutefois, elle soutient que le message doit être porté davantage.

Mais comment? «Il faudra voir ce qui serait plus efficace. Il faudra se pencher sur la question éventuellement.» Et quels moyens? «Il faudra qu'on y réfléchisse encore, mais c'est sur qu'on va se battre», promet la directrice générale.

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