Patrick Raymond inquiet pour l'avenir des Népalais

Patrick Raymond... (IMACOM, Jocelyn Riendeau)

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Patrick Raymond

IMACOM, Jocelyn Riendeau

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(Sherbrooke) Jusqu'à 2000 patients ont été soignés durant le premier mois qui a suivi le tremblement de terre, à Dhunche et dans les cliniques mobiles.

Chef d'équipe de la Croix-Rouge canadienne à Dhunche, l'infirmier sherbrookois Patrick Raymond indique que l'hôpital de campagne était pleinement fonctionnel lors de son départ, la semaine dernière. La délégation avait notamment pour mission d'implanter l'hôpital de campagne et de mettre en place des cliniques mobiles.

L'hôpital de Dhunche, qui compte plusieurs pavillons, a été presque entièrement détruit à la suite du séisme qui a fait plus de 8600 morts au Népal.

«Il restait un building où il y avait des soins, mais ce n'était pas suffisant pour répondre à la demande», souligne-t-il. Plusieurs secousses ont suivi le tremblement de terre survenu à la fin avril. Un autre séisme de magnitude 7,3 est également survenu le 12 mai.

«Des secousses, on en sentait en moyenne deux à trois par jour. Il y en a eu six ou sept avec une bonne magnitude, en haut de 5. Les gens ne voulaient pas retourner à l'intérieur des bâtisses fragilisées. Il y a comme un mouvement général d'anxiété où les gens ne se tiennent pas proche des bâtisses (...) Les gens ne dorment pas dans les maisons, ils dorment sous des bâches. Le problème, c'est que la mousson arrive, les maisons ne sont plus sécuritaires. Il y a un besoin urgent de ce qu'on appelle des shelter kit, de la corde, des toiles, un kit d'hygiène. Il y a un besoin énorme (...) Le problème avec le Népal, c'est que ce sont des microvillages à flanc de montagnes qui ne sont pas accessibles en auto.»

Le porte-parole de la Croix-Rouge au Québec, Carl Boisvert, note que l'organisme s'inquiète des conséquences de la mousson. La Croix-Rouge «s'efforce de faire parvenir sur-le-champ des articles essentiels dans les collectivités concernées».

«De nombreuses collectivités connaîtront bientôt de longs mois de pluies abondantes, ce qui pourrait entraîner des inondations et des glissements de terrain. Les villages éloignés risquent de devenir complètement inaccessibles», souligne Carl Boisvert.

Patrick Raymond l'avait déjà mentionné dans nos pages : en termes d'environnement et d'accessibilité, la mission réalisée au Népal est la plus complexe qu'il a effectuée. La délégation se trouvait à plus de 2000 mètres d'altitude. «Ça va être pire avec la mousson. Ça va être encore plus difficile, je pense, que c'était. Les délégués (de la Croix-Rouge) vont vivre dans l'eau, ça va être humide (...) Il n'y a pas de climatisation pour enlever l'humidité, pas de moyen de séchage. ... Ce sont des petites affaires qui, en fin de compte, font que c'est dur.» Les équipes de travailleurs humanitaires sont envoyées par rotation; lorsqu'un délégué revient, un autre le remplace.

Craint-il que le Népal tombe dans l'oubli?

«Je pense que c'est déjà oublié. C'est malheureux, car on ne se remet pas en un mois de ce qui s'est passé, si on prend l'exemple d'Haïti, qui est toujours dans le besoin... Les Népalais vont malheureusement tomber dans l'oubli... C'est un piège, car on n'en parle plus; l'actualité fait en sorte qu'on passe rapidement d'une nouvelle à l'autre.»

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