La lumière nuit à la santé

Martin Aubé, physicien du groupe de recherche sur... (Imacom, Frédéric Côté)

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Martin Aubé, physicien du groupe de recherche sur la pollution lumineuse du Cégep de Sherbrooke, Pierre Goulet, récipiendaire du prix Dark Sky Defender et directeur du parc national du Mont-Mégantic, Johanne Roby, chimiste du groupe de recherche sur la pollution lumineuse et Scott Feierabend, directeur général de l'association internationale Dark-Sky.

Imacom, Frédéric Côté

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Gabriele Roy
La Tribune

(SHERBROOKE) Même si les diodes électrolumineuses (DEL) éclairent bien et qu'ils sont économiques, les dangers sur la santé humaine sont bien réels.

Dans le cadre du troisième Congrès international Artificial Light at Night (ALAN) qui commençait vendredi et se poursuit tout le week-end à l'hôtel Times de Sherbrooke, les participants provenant de 12 pays ont uni leurs voix pour réclamer une plus grande protection du ciel étoilé à l'échelle planétaire.

Une étude publiée en 2014 par le groupe de recherche sur la pollution lumineuse du Cégep de Sherbrooke rapporte qu'entre 2007 et 2009, la brillance du ciel nocturne au-dessus de l'observatoire du Mont-Mégantic a été réduite avec succès, ramenant la luminosité du ciel au niveau de 1979.

Toutefois, un physicien du groupe de recherche sur la pollution lumineuse du Cégep de Sherbrooke, Martin Aubé, rapporte que depuis l'augmentation de popularité des lumières DEL en 2010, la pollution lumineuse a réaugmenté de 15 pour cent chaque année.

Non seulement les DEL ont des impacts culturels, environnementaux et écologiques importants, mais ils ont également des impacts importants sur la santé humaine... Des conséquences qu'on ne soupçonnait peut-être pas.

«Il y a des recherches qui se font dans ce domaine et il y a de fortes corrélations entre les lumières DEL et l'obésité, le cancer du sein, les maladies telles que l'apnée du sommeil et les problèmes cardiovasculaires», dit la chimiste du groupe de recherche sur la pollution lumineuse du Cégep de Sherbrooke, Johanne Roby.

Le principe peut paraître simple : la nuit, il faut de la noirceur. Au réveil, il faut de la lumière. Par contre, si le principe est fait à l'inverse, l'horloge biologique du corps humain, la mélatonine, soit le métabolisme qui est responsable de l'hormone du rythme biologique, va s'absenter du corps et le système immunitaire sera affaibli.

«Si les lumières DEL sont allumés le soir avant de se coucher, ça peut prendre une heure avant que notre métabolisme se remettre en fonction «aller se coucher» et à la longue, ça peut créer des problèmes de santé relié à cette perturbation du cycle», ajoute-t'elle. On peut se réjouir du fait que la chambre à coucher ne soit pas dotée de lumières DEL, mais il est primordial de savoir que la plupart des téléphones cellulaires conçus dans les cinq dernières années sont équipés de lumières DEL.

Les êtres humains ont évolué pendant des centaines d'années avec le cycle jour et nuit. Aujourd'hui, cette exposition à la lumière naturelle est complètement bouleversée. Le coordonnateur scientifique du Mont-Mégantic, Sébastien Giguère, mentionne que l'exposition moyenne des gens à la lumière est sept heures de plus que la luminosité qui provient de l'environnement naturel.

Cette période d'exposition est également un facteur perturbant pour les cycles de reproductions des animaux. Johanne Roby rapporte qu'une étude se faisant sur une variété de lémuriens démontre que les animaux sont si perturbés par l'éclairage artificiel que la reproduction est retardée de quelques semaines. Ils sont donc rendus trop près de leur période d'hibernation, ce qui crée une problématique très importante.

Une autre des nombreuses problématiques est que la pollution lumineuse n'est pas seulement locale, elle agit sur une très grande distance, plus que n'importe quelle autre pollution.

«On se rend compte qu'on détient une information qui a un impact très important sur la vie des gens, mais il y a encore beaucoup de travail à faire», conclut M.Aubé.

Pierre Goulet reçoit le prix Dark Sky Defender

Le prix Dark Sky Defender a été décerné à Pierre Goulet lors du congrès trandisciplinaire. Durant les 15 dernières anées, M. Goulet a oeuvré au parc national du Mont-Mégantic avec une vision qu'il a réussi à mettre sur pied avec la création de la première Réserve internationale de ciel étoilé reconnue par l'International Dark Sky Association.

Cette réserve est maintenant une fierté à l'échelle internationale.

Le chef d'orchestre de ce projet a qualifié le prix comme étant un honneur et une récompense de son passage au parc national. «Ça a été un dossier extraordinaire et nous avons travaillé en mode solutions pour pouvoir changer les choses et créer quelque chose de nouveau», dit-il. «Quand on a fait la réserve, on s'est dit que l'idée n'était pas de ne pas éclairer aux diodes électrolumineuses (DEL), mais de bien éclairer aux DEL.»

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