Hommage à Réal Bergeron, l'homme qui ouvrait les esprits

Des dizaines de personnes s'étaient réunies vendredi au... (IMACOM, René Marquis)

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Des dizaines de personnes s'étaient réunies vendredi au Musée des beaux-arts de Sherbrooke pour rendre hommage au guide Réal Bergeron, qui a été emporté l'hiver dernier par les eaux de la rivière Saint-François. Marie Elaine Lalonde, artiste, Gabrielle Tardif, fille de Réal (accompagnée de son fils Edgar Houde), Nicole Daoust, présidente de la Fondation du Musée, Bernard Chabot, ami de longue date de Réal et Vicky Poirier, enseignante, ont notamment partagé leurs souvenirs.

IMACOM, René Marquis

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(Sherbrooke) « J'avais amené un groupe d'étudiants au Musée des beaux-arts de Montréal. On était devant L'Étoile noire, de Borduas, et j'ai un peu confronté Réal en lui demandant ce que ça voulait dire, cinq carrés noirs sur un fond blanc. Il s'est mis à expliquer qu'ils n'étaient pas là par hasard, qu'il y avait tout un jeu de stabilité et d'instabilité... Il a réussi à ouvrir les yeux, les miens et ceux de mes étudiants, sur quelque chose qui n'est pas évident à comprendre : l'art abstrait. »

Cette anecdote, c'est Bernard Chabot, un ami de longue date de Réal Bergeron, emporté à l'hiver par les eaux de la rivière Saint-François, qui l'a racontée vendredi. Un hommage était rendu au Sherbrookois dans la salle principale du Musée des beaux-arts de Sherbrooke, où il était guide.

L'enseignante Vicky Poirier, qui a côtoyé Réal Bergeron lorsqu'elle amenait ses groupes d'étudiants au MBAS, a aussi parlé de cette capacité qu'il avait à ouvrir les esprits. « Avant, je figeais devant une toile et j'avais une réaction binaire : c'était beau ou ce n'était pas beau. Réal m'a appris à apprécier l'art, l'a démystifié. Aujourd'hui, quand je vois une oeuvre, je réponds dans ma tête à ses questions imaginaires et je me rends compte que j'ai une conversation imaginaire avec lui », a-t-elle confié. « Il aura changé la vie artistique de milliers de personnes. »

La fille du disparu, Gabrielle Tardif, arborait un grand sourire en écoutant les témoignages de tous ceux qui gardaient de si bons souvenirs de son père. « Si mon père a pu aider les gens à s'ouvrir, à s'éduquer, à accéder à la culture, on peut dire mission accomplie », lançait-elle avant les allocutions, qui lui ont confirmé que la mission était effectivement accomplie.

L'artiste Marie Elaine Lalonde a affirmé que l'homme était également apprécié du milieu artistique : il était soucieux d'échanger avec les artistes pour connaître leur démarche. « C'était une personne à l'écoute, attentionnée, intéressée, sensible », résume-t-elle.

Un Fonds Réal Bergeron

Pour honorer sa mémoire, un fonds a été créé en l'honneur de Réal Bergeron. La mission première de celui-ci sera de permettre aux jeunes issus de milieux défavorisés de participer aux sorties au Musée. « Nous croyons que Réal serait content que nous puissions permettre à tous de participer aux ateliers », a dit Nicole Daoust, présidente de la Fondation du Musée des beaux-arts de Sherbrooke.

En effet, celui-ci constatait que parfois que certains élèves pouvaient participer à la sortie seulement parce que leur professeur acceptait de défrayer les coûts de leur participation, puisque les parents n'avaient pas les moyens de payer. « Pour lui, c'était inimaginable qu'un enfant doive rester à l'école et manquer une sortie au musée parce que ses parents n'ont pas assez d'argent », poursuit Mme Daoust.

Le Musée tenait vendredi une journée hommage à Réal Bergeron, pour permettre aux professeurs, élèves, visiteurs et membres du Musée de témoigner leur gratitude et leurs sympathies à la famille et aux proches.

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