Un bal des finissants différent à cause de la maladie de Crohn

Daphnée Dorval... (Imacom, Maxime Picard)

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Daphnée Dorval

Imacom, Maxime Picard

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Gabriele Roy
La Tribune

(SHERBROOKE) Le matin du bal des finissants, il y a le rendez-vous chez la coiffeuse, le maquillage et finalement le moment d'enfiler la robe. Mais pour Daphnée Dorval, une jeune fille atteinte de la maladie de Crohn, cette fameuse journée a plutôt débuté par un rendez-vous à l'hôpital, il y a deux ans.

Ça peut sembler être la pire date de l'année pour faire une visite à l'hôpital, mais c'est pourtant avec un grand sourire que Daphnée en parle. C'était pour elle le moment d'enlever son tube de gavage et d'oublier tout ce qui s'était passé cette année-là pour en profiter pendant quelques heures et vivre pleinement son bal.

Si elle raconte aujourd'hui cette histoire, c'est parce qu'elle est la porte-parole de la Fondation Crohn' s et Colite Canada. Elle qui vit aujourd'hui une vie presque normale s'investit en faisant des témoignages et des colloques sur sa maladie.

«Je vais avoir cette maladie pour le reste de ma vie», dit-elle en prenant une grande respiration. «Je prends ça positivement et je m'adapte à chaque situation.»

Ses premiers symptômes sont apparus lorsqu'elle avait 16 ans. Le manque d'énergie, la perte de poids et les saignements rectaux avaient pris le dessus sur elle. C'est seulement après trois mois et une panoplie de tests médicaux qu'elle a été diagnostiqué de la maladie de Crohn. Depuis, c'est la réalité à laquelle fait face dans son quotidien.

«Tout le monde connaît quelqu'un qui a la maladie, mais personne comprend vraiment c'est quoi. C'est la même maladie pour tous ceux qui sont diagnostiqués, mais c'est très différent d'une personne à l'autre.»

«Après quelques mois d'essais et d'erreurs avec les médicaments, ça fait maintenant un peu plus d'un an que je suis stable.»


Elle en sait maintenant beaucoup à propos de cette maladie et l'explique comme étant une inflammation chronique des intestins. Or, les médecins n'ont toujours pas trouvé la cause ni le traitement de ce trouble de l'organisme qui frappe un Canadien sur 150. Seulement en Estrie, elle rapporte que c'est plus de 15 personnes qui sont diagnostiquées chaque mois.

Non seulement c'est à vie, mais en plus, ça peut être un calvaire, dit-elle. Pour une période de trois mois, Daphnée a dû passer 16 h de ses journées branchées à une machine qui la gavait. «Je devais laver mon tube deux fois par jour et ça bloquait souvent. Le pire là-dedans, c'est qu'il y avait beaucoup de va-et-vient aux toilettes et c'est pas facile quand t'as un tube dans le nez et que t'es attaché à une machine.»

Aujourd'hui, sa santé va mieux et elle dit ne pas s'empêcher de sortir lorsqu'elle se sent bien. «Après quelques mois d'essais et d'erreurs avec les médicaments, ça fait maintenant un peu plus d'un an que je suis stable.» Chaque matin, elle prend les six pilules qui lui permettent de rester dans cet état pour le reste de la journée.

L'étudiante en technique d'ingénierie au Séminaire de Sherbrooke se dit réjouie de ne pas avoir manqué trop de cours durant la session chargée qui vient de prendre fin. «J'avais 10 cours, donc je n'aurais jamais pu y arriver en passant des nuits blanches comme j'ai déjà eu à le faire à cause de la maladie.»

L'important pour elle, c'est le support qu'elle a eu dans les moments plus difficiles, mais également le fait qu'elle a grandi à travers tout ça. «C'est encore tabou de parler de saignements dans les selles et j'étais très réservée au début, mais j'ai rapidement compris que je ne devais pas être mal à l'aise de parler de ma maladie.»

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