Un taux de placement de 100 %, mais des conditions difficiles

Jonathan Bourgon Labelle, Marie-Gaëlle Loriette et Joanie Ouellette travaillent tous... (Imacom, René Marquis)

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Jonathan Bourgon Labelle, Marie-Gaëlle Loriette et Joanie Ouellette travaillent tous les trois à l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Imacom, René Marquis

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(SHERBROOKE) Taux de placement pour un finissant en techniques infirmières? 100 %. Tout n'est pas si facile cependant : la porte d'entrée de la carrière est souvent l'hôpital, avec ses postes sur appels, ses équipes volantes et ses quarts de travail de jour, de soir, de nuit, de fin de semaine. La Tribune a rencontré trois jeunes infirmiers pour connaître le regard qu'ils posent sur leur profession.

Les conditions de travail qui semblent difficiles de prime abord sont-elles un frein aux jeunes qui rêvent d'embrasser la profession?

«Je crois que c'est un parcours nécessaire. Difficile, mais nécessaire. Ça donne des bases dans tous les départements, ça donne un background qu'on est content d'avoir tout au long de sa carrière», dit Jonathan Bourgon Labelle, qui vient tout juste d'obtenir sa licence d'infirmier, mais qui travaille à l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS depuis deux ans - il a travaillé comme préposé aux bénéficiaires pour payer ses études.

Et pourquoi donc choisir ce métier sans horaire, chargé d'imprévus et de rebondissements?

«Dans ce métier, il est possible de faire plein de choses, on est toujours en train d'apprendre. Quand on devient infirmière, il y a plein de portes ouvertes devant nous», explique Marie-Gaëlle Loriette, approuvée par les deux autres infirmiers à sa table.

Une fois embauché, il n'est pas difficile de faire des heures supplémentaires à l'hôpital. Dans certains départements, les heures obligatoires sont même souvent imposées. Traduction : vous rentrez de soir pour faire votre quart de travail, mais l'employeur vous oblige à rester pour le quart de nuit ensuite par manque de personnel - 16 heures de travail de suite!

«Manquer un souper de famille, ça fait de la peine, mais ce n'est pas si grave. C'est le préjudice que je pourrais causer au patient, si je suis trop fatiguée, qui m'inquiète vraiment le plus», lance Joanie Ouellette, qui jongle en ce moment entre son travail aux soins intensifs (où sont imposées beaucoup d'heures supplémentaires) et ses études au baccalauréat à temps plein.

«Moi je ne suis pas la bonne personne pour me plaindre. Travailler en temps supplémentaire ici, c'est vraiment intéressant financièrement. En France, les heures supplémentaires sont obligatoires aussi, mais on est payés au tarif régulier!» se rappelle Marie-Gaëlle Loriette, une infirmière française qui travaille depuis bientôt un an à l'hôpital Fleurimont du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

L'infirmière comme solution

Le système de santé est saturé. Les patients attendent longtemps dans les salles d'urgence. L'accès à un médecin de famille est difficile. Y a-t-il des solutions à toutes ces problématiques?

Oui, lancent les infirmiers en entrevue. C'est si simple, la solution passe par des infirmières. «Il y a tellement de choses qu'on pourrait faire et qu'on ne peut pas encore faire!» lance Joanie Ouellette.

Les infirmiers citent en exemple la prescription d'examens de laboratoires pour leurs patients et le fait de changer la forme des médicaments - par exemple de donner du Tylénol en sirop plutôt qu'en comprimés si le patient a de la difficulté à avaler.

«On connaît nos patients; et plusieurs résidents nous consultent. Mais on n'a pas encore le poids qu'on pourrait avoir dans le système de santé», ajoute Joanie Ouellette.

marie-Christine.bouchard@latribune.qc.ca

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