La mémoire de Déliska Bergeron honorée

Tania Bergeron enlace sa mère Céline Chapdelaine devant... (Imacom, René Marquis)

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Tania Bergeron enlace sa mère Céline Chapdelaine devant le monument commémorant la mémoire de sa soeur, Déliska Bergeron, happée par un camion en juin 2014 alors qu'elle traversait la rue King à côté de son vélo. Elles sont accompagnées du père de la victime, Alain Bergeron.

Imacom, René Marquis

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) «L'intention de notre famille n'a jamais été de passer à l'histoire après cette tragédie, mais si le décès de notre soeur peut permettre aux gens de garder en mémoire les conséquences fatales qui découlent d'actes de négligences, la cause aura fait un pas.»

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La soeur de Déliska Bergeron, Tania, avait du mal à contenir ses émotions lorsqu'elle a prononcé ce souhait, mercredi, à l'occasion de l'inauguration d'un monument dédié aux cyclistes victimes de la route, situé dans le parc Saint-François près du pont Aylmer.

Entourée de membres de sa famille, dont son père, sa mère et sa soeur, Tania Bergeron s'est adressée aux quelque 200 cyclistes réunis pour la Randonnée du silence et l'inauguration du monument. Une minute de silence a d'ailleurs été observée en mémoire de la jeune mère de famille décédée en juin 2014, happée par un camion alors qu'elle traversait la rue King à côté de son vélo.

«Les événements d'aujourd'hui nous plongent assurément un an plus tôt, au coeur des événements, mais on est honoré du geste posé par les cyclistes aujourd'hui. On vit au jour le jour, la vie continue, mais on prend soin des gens qui restent» affirme Mme Bergeron précisant du même coup que les trois jeunes filles de Déliska vivent ensemble et qu'elles se portent bien aujourd'hui.

La famille Bergeron espère maintenant que des changements seront apportés à la signalisation routière sur le territoire de Sherbrooke.

«Il y a des lacunes au niveau de la signalisation. Par exemple, il y a des droits de passage qui ne devraient pas être autorisés lorsque le feu est vert. Il faut que ça change. Si la mort de Déliska a amené un questionnement, c'est au moins ça», indique Mme Bergeron.

Plus tôt cette semaine, le vélo blanc placé à l'intersection où s'est produit le drame à été retiré, avec l'approbation de la famille de Mme Bergeron.

«Il aurait eu 60 ans aujourd'hui...»


La mémoire de Normand Girard, décédé à l'âge de 13 ans en 1968 dans un accident de vélo impliquant une voiture, a également été honorée hier. Son père, René Girard, était présent pour déposer la plaque commémorative de son fils sur le monument.

Près de 47 ans après le terrible accident, M. Girard affirme se rappeler de cette journée fatidique «comme si c'était hier».

«Les années passent, mais la douleur reste», admet le Sherbrookois.

Le chauffard qui a heurté le jeune Normand Girard venait de dépasser cinq voitures, sur une ligne double. Il n'a pu éviter le garçon qui circulait à vélo.

«Les gens ne font pas attention. Ils sont trop pressés», regrette M. Girard, visiblement ému par l'honneur fait à son fils décédé trop jeune.

«Il aurait eu 60 ans aujourd'hui...»

Célébrer la vie

Pour l'organisateur de l'événement, Richard Fortier, la Randonnée du silence vise à commémorer la mémoire des cyclistes disparus, mais également à célébrer la vie.

«On est là pour célébrer la vie! Il n'y a pas juste des malheurs et je crois que c'est important de se le rappeler», estime celui qui est également président du club de vélo de Sherbrooke - volet cyclosportif.

«Le vélo c'est une histoire d'entraide, de société. C'est génial ce que ça peut faire le vélo chez des individus. C'est la vie pour moi», affirme-t-il.

M. Fortier croit également que les mentalités changent très tranquillement. «Les gens qui nous collent maintenant, ce sont des exceptions. La SAAQ sensibilise également les gens à la cohabitation entre conducteurs et cyclistes. Les mentalités changent, tranquillement, mais elles changent», assure le cycliste d'expérience.

La Randonnée du silence est une tradition annuelle qui se déroule simultanément dans plus de 400 villes sur quatre continents.

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