Le maire Sévigny veut rendre Sherbrooke plus intelligente

Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, est fier... (IMACOM, Maxime Picard)

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Le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, est fier de la nomination de Sherbrooke dans le palmarès 2015 des 21 villes intelligentes de l'organisme international Intelligent Community Forum.

IMACOM, Maxime Picard

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<p>Chloé Cotnoir</p>
Chloé Cotnoir
La Tribune

(SHERBROOKE) Bien que Sherbrooke figure au palmarès des 21 villes intelligentes de l'organisme international Intelligent Community Forum, Bernard Sévigny admet qu'on est encore loin d'utiliser ce concept à son plein potentiel. De retour d'un séjour de cinq jours en Europe visant à visiter quatre villes innovatrices en matière de technologies intelligentes - Barcelone, Montpellier, Lyon, Paris -, le maire est plus que jamais motivé à inscrire Sherbrooke dans cette tendance.

«Sherbrooke est un bon laboratoire. Ce n'est pas une trop grosse ville et nous produisons notre électricité», explique M. Sévigny, en entrevue avec La Tribune.

De l'avis du maire, le concept de ville intelligente se divise en trois niveaux.

«Le premier niveau correspond aux services aux citoyens. Il s'agit de l'information citoyenne, diffusée sur des supports mobiles», affirme M. Sévigny, en citant en exemple le paiement de son stationnement public via son téléphone intelligent.

Le second niveau vise à optimiser la gestion municipale.

«Nous utilisons déjà des technologies de ce style pour les services municipaux, mais le principe d'une ville intelligente est de rendre des informations comme la position des déneigeuses dans la ville accessibles aux citoyens par l'entremise d'un interface web ou mobile», poursuit le maire.

M. Sévigny consent qu'aucune application visant à optimiser les services aux citoyens ou la gestion municipale n'est actuellement utilisée à Sherbrooke. La Ville se démarque toutefois dans le troisième niveau des villes intelligentes, soit le développement économique. C'est d'ailleurs pour cette raison que Sherbrooke figure dans le palmarès de l'organisme international Intelligent Community Forum.

«Toutes les villes intelligentes sont associées à des start-ups; l'émergence d'une ville intelligente passant immanquablement par l'éclosion de cette nouvelle communauté entrepreunariale», souligne M. Sévigny.

Sherbrooke Innopole, Entreprendre Sherbrooke, incubateur d'entreprise... Sherbrooke fait déjà bonne figure dans ce domaine.

«On a visité l'incubateur d'entreprise mis sur pied à Lyon et j'étais convaincu de me trouver à Sherbrooke! Ils se ressemblent énormément. Tout est fondé sur l'échange entre entrepreuneurs et les ressources mises à leur disposition», explique le maire.

L'administration parisienne travaille présentement à la construction d'un complexe pouvant accueillir 1000 start-ups. L'équivalent Sherbrookois accueille 12 entreprises émergentes.

«Ça nous montre qu'on est dans la bonne direction. C'est rassurant de voir que nous sommes dans la tendance», admet M. Sévigny.

Données ouvertes

La notion de ville intelligente est basée sur les données ouvertes. Quatre villes au Québec ont accepté de partager les données collectées par leur appareil municipal, soit Gatineau, Montréal, Québec et Sherbrooke.

«Nous donnons cette accessibilité aux données municipales de façon à permettre à des gens qui ont des compétences en développement d'application de les exercer avec ces données», indique le maire.

De cette façon, la Ville se soustrait du processus de création des applications, mais facilite le travail des entrepreneurs et créateurs.

«Ce n'est pas à nous de développer des technologies. Il s'agit d'un partenariat avec des entreprises oeuvrant dans ce domaine qui pourrait créer des applications grâce à nos données. Ces entreprises pourraient ensuite vendre ces applications aux autres municipalités du Québec», cite en exemple M. Sévigny.

Éviter les erreurs

Quatre personnes de l'administration municipale ont pris part à la mission organisée par la division Événements du journal Les Affaires. Selon M. Sévigny, le but de la visite n'était pas simplement de prendre connaissance des innovations de ces villes européennes, mais également d'apprendre leurs erreurs.

«Il ne s'agissait pas simplement de les féliciter, mais également de connaître leurs erreurs. Ça va nous permettre de sauver de l'argent, du temps et d'éviter d'avoir des problèmes.

«On voulait connaître les enseignements tirés des différents projets et les facteurs de succès», enchaîne-t-il, en précisant que certaines applications pourraient être utilisées à Sherbrooke «plus rapidement qu'on le pense».

Exemples d'applications utilisées dans des villes intelligentes ou en développement

Pour le service aux citoyens :

- Application permettant aux propriétaires d'une résidence ou d'un commerce situé aux abords d'un cours d'eau d'être informés d'un avis d'évacuation émise par la Ville;

- Application visant à connaître l'itinéraire des déneigeuses de la Ville grâce à des GPS installés sur les véhicules;

- Application émettant une alerte pour rappeler aux citoyens quels bacs (déchets, compost ou recyclage) doivent être placés sur le bord de la rue;

- Application permettant de payer un stationnement public via son téléphone intelligent;

- Application en lien avec le service de transport en commun permettant de savoir où se trouvent les autobus sur le réseau en temps réel.

Pour la gestion municipale :

- Capteurs installés dans les chauffe-eau des résidences afin de savoir quels sont les moments de consommation et permettant de mieux gérer les pointes;

- Capteurs installés dans les résidences permettant de d'abaisser la température de deux degrés lorsque personne ne s'y trouve. Lorsqu'une présence est détectée, la température remonte. Innovation ayant un impact significatif dans un parc immobilier de plusieurs milliers de résidence.

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