Du travail reste à faire pour lutter contre l'homophobie

Véronique Bougie et Louis-Philippe Hébert, formateurs au GRIS-Estrie,... (IMACOM, René Marquis)

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Véronique Bougie et Louis-Philippe Hébert, formateurs au GRIS-Estrie, soulignent qu'il reste encore du travail à faire pour lutter contre l'homophobie.

IMACOM, René Marquis

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(SHERBROOKE) Le Québec a fait des avancées dans les dernières années en matière de lutte à l'homophobie. Toutefois, la forme que prend cette problématique, avec l'apparition de la cyberintimidation, a aussi évolué. Du travail reste encore à faire, comme en témoignent, à l'occasion, les commentaires écrits que reçoivent les formateurs du Groupe régional d'intervention sociale (GRIS-Estrie) en allant à la rencontre des élèves, qui vont parfois jusqu'à «vous irez en enfer».

Formateur au GRIS, Louis-Philippe Hébert voyage beaucoup : il est à même de constater l'ouverture du Québec par rapport à d'autres pays, où on a déjà refusé de lui louer une chambre ou de lui servir un repas. Son conjoint et lui choisissent les pays où ils vont. «Je suis toujours heureux de revenir au Québec», lance-t-il. N'empêche... «L'homophobie a changé. C'est plus insidieux, c'est plus caché, car ce n'est pas politiquement correct d'être homophobe au grand jour», lance celui qui se dit encore étonné, aujourd'hui, d'avoir complété ses études secondaires compte tenu de l'intimidation qu'il a vécue.

«Je me suis fait agacer au primaire parce que j'avais un surplus de poids, ça n'avait pas de lien avec mon orientation sexuelle. Au moins quand j'arrivais à la maison, j'avais un répit, j'étais entourée de gens qui m'aimaient. Facebook n'existait pas», raconte Véronique Bougie, coordonnatrice à la formation et formatrice au GRIS. «Aujourd'hui, tu ouvres ton ordinateur et ça recommence.»

«Je ne crois pas qu'il y ait une homophobie si violente au Québec, mais il y a encore un malaise», croit Louis-Philippe Hébert. Avec les médias sociaux, on peut voir tout le travail qui reste à faire. Comme si, cachés derrière un écran, les gens n'hésitaient pas à livrer le fond de leurs pensées.

«Même en classe, on le voit. Des fois, on fait une intervention et ça se passe super bien. Il y a un questionnaire à remplir et une section commentaire. Parfois, on est surpris. On se dit quelle classe extraordinaire... Il y a deux ou trois personnes qui n'ont rien dit et en apparence il ne se passait rien, mais elles nous l'ont écrit. Et là on fait, oh boy! Il y a du travail à faire!» lance-t-il en citant des exemples de commentaires comme «Vous irez en enfer» ou «C'est une maladie...»

Les deux intervenants, que La Tribune a rencontrés dans le cadre de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, qui a lieu dimanche, se promènent d'école en école afin de défaire les préjugés, mais aussi expliquer les «dommages collatéraux» que les mauvaises blagues peuvent avoir. Ils soulignent que les gens victimes d'homophobie ne sont pas nécessairement tous homosexuels.

Le GRIS a joint 1500 jeunes, dépassant du même coup l'objectif qu'il s'était fixé.

Le GRIS organise un spectacle-bénéfice samedi prochain à la salle Alfred-Desrochers du Cégep de Sherbrooke, avec Sexe illégal et Marianna Mazza. Le spectacle est précédé d'un 5 à 7.

Par ailleurs, l'Université de Sherbrooke a hissé le drapeau arc-en-ciel sur l'un des mats de son stade extérieur pour souligner la Journée internationale contre l'homophobie. Un rassemblement aura lieu dimanche à 14 h au parc Saint-Alphone de Sherbrooke pour souligner cette journée. L'événement, organisé par Thomas Bilodeau, en est à sa deuxième édition.

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