Beaucoup de gens à risque de vivre l'itinérance

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Sur la photo se trouvent le comité organisateur du Forum sur l'itinérance de Sherbrooke, François Lemieux de La Chaudronnée, Aurélie Marcil du CIUSSS de l'Estrie-CHUS, Christine Morissette du Carrefour de l'Espoir, Patrick Tétreault de Quali-Logis, Julie Dion, animatrice, Carole Drolet de La Chaudronnée et Sarah Gaudet de la Maison Oxygène Estrie.

Imacom, Maxime Picard

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Emanuelle Boutin-Gilbert
La Tribune

(SHERBROOKE) L'itinérance a changé de visage au cours des dernières années. Elle touche un plus grand nombre de gens provenant de plusieurs milieux différents.

C'est un constat qui se dégage du Forum sur l'itinérance à Sherbrooke qui a réuni jeudi au Centre communautaire Richard-Gingras plus d'une centaine de personnes issues de groupes provenant des milieux communautaire, public et privé, de même qu'un bon nombre d'intervenants sociaux et de professionnels de la santé pour discuter des différents enjeux et des possibles solutions pour prévenir l'itinérance en région.

Un premier regard permet d'identifier un manque de services, non pas parce que les organismes manquent d'idées, mais plutôt de subventions. « Les organismes sont dans le maintien de leurs services, mais il y a des lacunes partout » souligne Aurélie Marcil, organisatrice communautaire du CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

L'une de ces lacunes est le manque d'infrastructures pour intervenir en psychiatrie. C'est d'ailleurs pourquoi se sont rassemblés hier le monde hospitalier et le milieu communautaire. « Le forum est aussi là pour stimuler la création de nouveaux services et faire le pont entre les différents milieux », ajoute Auréli Marcil.

Un second regard est essentiel pour constater que les chiffres sont difficiles à établir. La notion d'itinérance est large et floue. On observe quand même indéniablement que la situation a changé énormément depuis les dernières années. « Ce qui est inquiétant, c'est que le spectre s'élargit. Il faut intervenir rapidement », commente M. François Lemieux, représentant de la Table itinérance de Sherbrooke et coordonnateur de La Chaudronnée de l'Estrie.

Le niveau de pauvreté a augmenté en région. Par le fait même, cette partie de la population qui est à risque croît aussi. « L'itinérance, contrairement à ce que l'on croit, ça ne touche pas que les gens qui sont déjà dans la rue, mais aussi les gens qui ont un logement et qui n'ont pas suffisamment de revenus pour subvenir à tous leurs besoins primaires », informe Mme Marcil.

« On croit souvent que c'est un problème d'hommes, mais il y a de plus en plus de femmes qui viennent chercher de nos services » ajoute M. Lemieux. « C'est sans compter les familles, les personnes âgées et les jeunes qui risquent, eux aussi, d'être assujettis à l'itinérance puisque leurs moyens financiers diminuent », insiste-t-il.

Quand on demande s'il y a des secteurs où l'on doit prioriser les investissements et les interventions, M. Lemieux répond spontanément que « la personne itinérante se retrouve dans l'ensemble des services offerts, car c'est un problème qui touche tellement de sphères dans sa vie, que ce soit le logement, la santé mentale ou la nourriture. »

eboutin@latribune.qc.ca

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