Un pneumologue du CHUS condamné par le Collège des médecins

Un pneumologue du CHUS vient d'être condamné par le Conseil de discipline du... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Un pneumologue du CHUS vient d'être condamné par le Conseil de discipline du Collège des médecins du Québec pour ne pas avoir assuré un suivi adéquat concernant l'état d'un patient de Magog en 2009.

Le pneumologue de 62 ans, le Dr Robert Boileau, avait laissé un rapport de radiologie montrant une lésion suspecte de néoplasie maligne dans le dossier d'un patient au lieu de le référer immédiatement pour une investigation par tomodensitométrie (scanner).

Le patient ou son médecin traitant n'étant pas ainsi informé de cet examen complémentaire, la prise en charge de sa condition médicale «grave et sérieuse» avait été retardée.

«Le Conseil est d'opinion que le plaignant a largement rempli son obligation et notamment dans le contexte où l'intimé a fait de nombreux aveux au sujet de sa responsabilité et sa reconnaissance des faits (...) L'intimé n'a pas été capable de démontrer que le jour où il a pris connaissance du rapport, il a fait l'objet de distraction particulière ayant causé la non-conscience de ce dernier se bornant à dire qu'il ne voit pas d'autres explications pouvant expliquer son geste et notamment en raison de sa méthode qui a fait ses preuves tout au long de sa carrière», explique la décision disciplinaire.

Le comité de discipline présidé par Me François Samson note que le Dr Boileau «avoue qu'il n'a pas assumé le suivi du patient comme il aurait dû le faire s'il avait donné suite aux recommandations du radiologiste et notamment en lui prescrivant une tomodensitométrie thoracique qui aurait orienté ses décisions postérieures le concernant (...) L'intimé avait l'obligation déontologique de suivre son patient, mais comme il l'avoue, il ne l'a pas fait malheureusement», signale le conseil de discipline.

En août 2011, le patient a appris qu'il était atteint d'un cancer multi métastatique et qu'il avait moins d'un an à vivre. Il est mort quatre mois plus tard, en décembre 2011, à l'âge de 64 ans.

«Par ailleurs le Conseil note qu'il n'y a aucune preuve d'un lien de causalité entre le délai diagnostic et le décès du patient et que l'intimé a une obligation de moyens et non de résultat, mais il apparaît évident que l'intimé n'a pas pris tous les moyens à sa disposition pour rencontrer cette obligation et notamment en passant plus de temps pour vérifier et accepter les rapports soumis et que si dans l'hypothèse où il aurait eu trop de distracteurs il n'avait qu'à s'isoler ou passer plus de temps à analyser les rapports ce qui aurait pu éviter les malheureux événements», estime Me Samson dans la décision du conseil de discipline.

Le Conseil de discipline du Collège des médecins affirme se montrer sensible à la lourde tâche des médecins, «mais il y a lieu de garder à l'esprit que c'est à ces derniers d'imposer leurs propres limites et ce, dans le but de respecter leur Code de déontologie».

Les auditions sur sanction se dérouleront au cours des prochains mois.

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