Marc-André a rencontré son idole

Depuis qu'il combat un cancer, Marc-André Skelling puise... (Imacom, Maxime Picard)

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Depuis qu'il combat un cancer, Marc-André Skelling puise la force nécessaire pour passer au travers de ses multiples traitements dans les paroles de la chanson Loadé comme un gun. Il a eu la chance de rencontrer son auteur, Éric Lapointe, vendredi dernier après un spectacle au Centre culturel.

Imacom, Maxime Picard

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(Sherbrooke) La semaine avait merveilleusement commencé. Lundi dernier, Marc-André apprenait que son idole Éric Lapointe acceptait de le rencontrer après son spectacle au Centre culturel de l'UdeS le vendredi suivant. Le même Éric Lapointe qui l'accompagne en musique depuis toujours, mais particulièrement depuis qu'il combat un cancer.

Parce que depuis son diagnostic, la chanson Loadé comme un gun est devenue son hymne à la vie.

« S'il faut frapper plus fort que ceux qui nous menacent, je fracasserai la mort et les années qui passent. » Les paroles de la chanson lui donnent, depuis quatre ans, la force nécessaire pour passer au travers de ses multiples traitements de chimiothérapie et de radiothérapie et dire à la vie que c'est elle qu'il a choisie.

Mais jeudi, le ciel lui est tombé sur la tête. Son médecin lui a annoncé la nouvelle. Son nom était rayé de la liste d'attente pour une greffe de moelle osseuse, son seul espoir de guérison.

« Une larme à la main, je n'ai peur de rien, ni des anges, ni des hommes, non, je n'ai peur de rien, ni du mal, ni du bien, que Dieu me pardonne, j'ai le coeur... loadé comme un gun. »

Atteint de la maladie de Hodgkin, le jeune homme de 24 ans a le corps trop fragilisé par les trois récidives de son cancer. Son ADN trop rare aura fait en sorte que le donneur potentiel ne s'est pas présenté au rendez-vous à temps.

« Marc-André a eu un moment de découragement en apprenant la nouvelle. Il ne voulait plus rien faire. Même plus rencontrer son Éric », raconte sa mère Muguette Skelling qui a pleuré toutes les larmes de son corps en duo avec le père de Marc-André, André Skelling, lorsqu'elle a appris la nouvelle. En cachette pour ne pas le faire devant leur fils. « Lui aussi se retient devant nous », ajoute-t-elle.

« Le médecin lui a fait remplir un formulaire pour faire une demande pour un traitement aux États-Unis. Un traitement qui n'est pas accepté au Canada », ajoute d'emblée la maman qui refuse de baisser les bras.

«Il faut savourer chaque seconde et garder ça au plus profond de nous.»


Finalement, ses amis, ses frères et ses parents l'ont convaincu. Marc-André ne pouvait pas passer à côté de l'opportunité de rencontrer son idole.

Pour être en forme pour le spectacle et ce qui allait suivre, Marc-André a dormi tout l'après-midi. Un peu nerveux, il s'est présenté au Centre culturel pour un show qu'il a passé debout, entouré de son ami Dan, sa blonde Bianca et sa mère. Il a chanté toutes les paroles avec le rockeur. Le poing dans les airs. Comme pour défier ce ciel qui lui était tombé sur la tête la veille. Le faire mentir comme il a fait mentir les médecins qui lui donnaient un mois à vivre en novembre dernier.

« Il faut savourer chaque seconde et garder ça au plus profond de nous. Il est tellement beau quand il chante », a chuchoté la mère de Marc-André en le regardant.

Loadé comme un gun a clôturé le spectacle. « S'il faut quitter la Terre pour trouver le bonheur, j'enterrerai nos prières et la vie qui pleure. » Pour l'écouter, Marc-André s'est avancé dans la foule jusqu'à la scène. Au dernier rappel, le chanteur lui a serré la main, sans savoir encore qui il était.

« Ç'a vraiment été un moment magique », a confié Marc-André.

Après le spectacle, Éric Lapointe a tenu parole et est venu saluer Marc-André. Quelques mots, des accolades.

« Merci beaucoup, c'était écoeurant. Et merci de me rencontrer, c'est très gentil. »

« Si t'es content, je suis content. »

« C'est moi qui est content pour vrai. »

Tatouages au corps, chaînes au cou, chandails Harley-Davidson, Éric et Marc-André ont aussi en commun cette relation conflictuelle avec la vie. Et la mort. Et chacun donne tout ce qui lui reste lorsque le temps est venu. Éric, chaque fois qu'il monte sur scène. Marc-André, chaque matin qu'il pose son pied hors du lit pour contredire les médecins et les pronostics.

« La soirée m'a donné l'énergie pour battre la science et ses pronostics. Je vais toujours me rappeler ce moment. En tout cas, une chose est certaine, je vais me battre jusqu'à la fin. Et que je guérisse ou pas, c'est la plus belle journée de ma vie », a lancé Marc-André avant d'aller rejoindre ses amis et sa famille dans un bar de la rue Wellington pour arroser ce jour parfait.

Un bar où le chanteur de Loadé comme un gun est allé le retrouver pour ne pas que ça finisse trop vite. La plus belle journée de sa vie s'est étirée jusqu'aux petites heures. À la fin, c'est à parier que Marc-André était l'idole du rockeur.

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