Grève sociale : des manifestants par centaines à Sherbrooke

Des centaines de personnes se sont réunies vendredi... (Imacom, René Marquis)

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Des centaines de personnes se sont réunies vendredi en fin d'après-midi à Sherbrooke pour une Grande marche unitaire dans le cadre de la journée de grève sociale contre les mesures d'austérité du gouvernement Couillard.

Imacom, René Marquis

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La coordonnatrice de Solidarité populaire Estrie, Mylène Boisvert, s'est dite heureuse de la participation de la population estrienne à la grève sociale de vendredi. Plusieurs centaines de personnes se sont notamment rassemblées en fin d'après-midi, à l'occasion d'une Grande marche unitaire entre les parcs Camirand et Jacques-Cartier. « C'est une participation au-delà de ce qu'on espérait! » a-t-elle lancé au début de la marche.

Ce point culimant n'était toutefois qu'un seul moment parmi la multitude d'activités qui étaient organisées jeudi et vendredi par le Front social estrien. Le tout débutait jeudi par des conférences, auxquelles ont assisté environ 75 personnes, estime Mme Boisvert. Aux alentours de minuit, les plus endurants ont pu prendre part à une marche sous les étoiles. « À minuit, c'est sûr qu'il y a pas mal de monde qui sont couchés, mais on a eu une trentaine de personnes à la marche silencieuse jusqu'au bureau de Luc Fortin, où on a laissé des drapeaux noirs », relate-t-elle.

Quelques courageux, comme Ricky Lewis, conseiller régional à la FTQ-Estrie, sont même restés dormir au parc Camirand. « Ç'a été quand même une belle nuit. Il faisait froid un peu, mais c'était correct. C'est aussi pour démontrer que les mesures d'austérité mettent plein de gens à la rue, c'est significatif dans ce sens-là », a-t-il mentionné.

Vendredi occupé

C'est vraiment lors de la journée de vendredi que le blitz d'activités s'est toutefois enclenché. Dès 7 h, une ligne de piquetage d'environ 300 personnes s'était mise en place devant le Cégep de Sherbrooke, et de la sensibilisation à la population a été faite. « J'ai fait du tractage, et les gens avaient l'air réceptifs. Ils trouvent que ça n'a pas de bon sens ce que le gouvernement fait ces temps-ci », affirme Mylène Boisvert.

Une « manif de droite » sarcastique s'est aussi tenue en fin d'après-midi. « On simulait le 1 %, les gens étaient habillés en riches, c'était quand même assez frappant », raconte Ricky Lewis.

À 12 h 30, partout à travers la province, on invitait les gens à « faire du bruit » pour dénoncer l'austérité, ce qui a été fait à Sherbrooke.

La grande marche de fin d'après-midi était pour sa part suivie d'une soirée festive au parc Jacques-Cartier. « C'était une journée très chargée. L'ensemble des syndicats ont pu participer selon leurs disponibilités. C'était difficile de dire combien on était au total puisque certains ne participaient qu'à une activité... » souligne le président de la CSN-Estrie Denis Beaudin.

Et tant que le gouvernement ne recule pas sur les mesures annoncées, les organismes promettent de continuer à mettre de la pression.

Congé de cours au Cégep

Comme il l'avait annoncé à mots couverts jeudi, le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) a tenu une journée de grève sociale vendredi malgré le fait que la Commission des relations du travail (CRT) avait ordonné à ses membres de rentrer au travail.

Dès 7h15, la direction du cégep a annoncé une levée de cours. « Ç'a été une belle réussite. On était 300 sur la ligne de piquetage; des enseignants, des étudiants et des gens du milieu communautaire. On est restés sur place jusqu'à 13 h », relate le président du SPECS, Steve McKay.

Le refus des professeurs d'entrer au travail malgré l'ordonnance entraîne l'émission d'amendes. Celles-ci seront toutefois assumées par le Fonds de défense professionnelle de la CSN.

On craignait par ailleurs qu'une injonction soit déposée en Cour supérieure. Or, vendredi en fin d'après-midi, rien de tel ne s'était produit. « Il y a toujours l'ordonnance, mais rien de nouveau d'un point de vue légal », affirmait M. McKay.

De toute façon, les membres qui participaient à la grève le faisaient en toute connaissance de cause. « On est tout à fait conscients que la CRT a émis une ordonnance. C'est une grève de protestation contre l'austérité, et on a décidé de la poursuivre quand même avec l'appui des syndiqués du SPECS », précise le président.

Réunis devant le pavillon 5, les manifestants ont fait des dessins sur les marches de l'établissement, planté un arbre et procédé à des prises de parole.

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