Bishop's présentera un budget déficitaire

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L'Université Bishop's s'est retrouvée sous les projecteurs, cette semaine, en raison des allocations de départ prévues au contrat de Michael Goldbloom.

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(SHERBROOKE) Le budget 2015-2016 de l'Université Bishop's sera déficitaire, selon la vice-principale finance et administration de l'établissement, France Gervais. Parallèlement, l'institution doit faire face à une hausse de 5 M$ du déficit de son régime de retraite.

Étant donné que le budget sera présenté la semaine prochaine et que l'institution en saura davantage dans les prochains jours sur les compressions qui découlent du budget provincial, Mme Gervais n'a pas précisé à La Tribune l'ampleur du déficit anticipé.

Bishop's a déposé l'an dernier un budget déficitaire de 2,4 M$. L'institution a présenté récemment à Québec une nouvelle version de son plan de redressement, avec lequel elle a dû composer ces dernières années. Que sera-t-il demandé comme efforts aux employés? « On rencontre nos employés la semaine prochaine à ce sujet-là », commente Mme Gervais.

Une rencontre aura lieu avec les représentants du ministère de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, la semaine prochaine, sur les règles budgétaires. Bishop's s'attend à de nouvelles compressions de près de 1 M$ découlant du dernier budget provincial. Les coupes pourraient tourner autour de 2,5 M$ en 2015-2016.

France Gervais indique que la direction de l'établissement a plaidé pour des changements à certaines règles de financement.

« On a des coûts d'infrastructures importants, vu notre mission de résidence. Ça nous donne des frais additionnels », donne-t-elle en guise d'exemple.

Selon les résultats de la dernière révision actuarielle en date du 30 juin 2014, le déficit du régime s'établit maintenant à 24,5 M$.

Différents facteurs expliquent la hausse, dont l'espérance de vie et le fait que les membres non actifs soient majoritaires (60 %).

Conséquence : la somme qu'injectait Bishop's annuellement passera de 1,3 M$ à 1,6 M$.

Actuellement, l'employeur assume 60 % du déficit et les employés, 40 %.

Québec a déjà fait part de son intention de déposer un projet de loi visant les universités de la province qui ramènerait à 50-50 la part de l'employeur et la part des employés. Interrogée sur les impacts qu'aura ce bond du déficit du régime de retraite, Mme Gervais note que la direction devra rencontrer les employés à ce sujet.

Les conventions collectives des groupes d'employés de Bishop's viennent à échéance en juin et en décembre. Les négociations ne sont toujours pas commencées; selon Mme Gervais, elles commenceront en septembre. La présidente de l'Association des professeurs de l'Université Bishop's (APBU), Virginia Stroeher, indique que les employés réclament des hausses comparables à celles demandées dans le secteur public.

« On veut aussi protéger la convention collective », note-t-elle. Selon elle, plusieurs mesures ont été prises au cours des deux dernières années afin de faire face à la situation budgétaire difficile, dont la diminution des services aux étudiants et l'augmentation de la taille des classes. Des cibles ont été établies. « On a restructuré certains postes administratifs », mentionne Mme Gervais.

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Michael Goldbloom

Archives, La Tribune

Goldbloom : incompréhension de la part du syndicat

La présidente de l'Association des professeurs de l'Université Bishop's (APBU), Virgina Stroeher, a du mal à comprendre comment l'institution peut se permettre, en cette période d'austérité, d'allouer d'aussi généreuses conditions au principal et vice-chancelier de Bishop's, Michael Goldbloom.

« Je ne comprends pas quand on regarde les impacts qu'entraînent les mesures d'austérité... Comment peut-on se permettre d'allouer cela? » lance-t-elle.

Selon son analyse du contrat de M. Goldbloom, les montants qu'il pourra toucher à la suite de son départ tourne autour de 900 000 $. Interrogée sur ce chiffre, la direction soutient que les allocations de départ tournent plutôt autour de 520 000 $.

Les généreuses indemnités de départ ont fait réagir le ministre de l'Éducation François Blais, cette semaine.

« Je ne peux pas comprendre qu'au Québec, on accorde des primes de ce niveau-là à des gens qui occupent des fonctions pour lesquelles le financement provient en bonne partie des fonds publics. Ce n'est pas acceptable », a commenté M. Blais.

Un quotidien montréalais a dévoilé que M. Goldbloom empochera une indemnité de départ d'environ 620 000 $ (soit deux années de salaire, allocations et avantages inclus) à l'expiration de son mandat en 2018.

Le contrat de M. Goldbloom est disponible sur le site de Bishop's, une petite institution anglophone.

La présidente de l'APBU remet en question le fait que l'institution établisse ses comparaisons salariales avec celles d'autres institutions anglophones, alors que M. Goldbloom dirige une institution québécoise.

Le président du conseil d'administration de Bishop's, Robert Hall, a déjà fait valoir qu'il s'agissait de conditions de travail compétitives pour recruter un administrateur comme M. Goldbloom.

« Si on utilise ces arguments pour le principal, pourquoi ne pas l'utiliser pour l'ensemble des employés? » se demande Mme Stroeher.

En s'intéressant aux universités de petite taille, elle observe par exemple que le recteur de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR) Jean-Pierre Ouellet est payé moins de 200 000 $.

« Peut-on argumenter que ces recteurs ne sont pas assez qualifiés parce qu'ils sont payés moins? » Elle fait également remarquer que la rectrice de l'Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, est moins bien rémunérée (salaires et avantages) que M. Goldbloom. L'UdeS compte environ 30 000 étudiants (sans l'Université du troisième âge) et gère un budget de près de 400 M$, tandis que Bishop's compte environ 2400 étudiants et a un budget d'environ 49,5 M $.

Lors du renouvellement du contrat de M. Goldbloom, le président du conseil d'administration de Bishop's Robert Hall avait fait valoir que les conditions d'emploi avaient été établies avec des universités similaires, comme l'Université Acadia.

Le contrat du principal est sous analyse par Québec.

Michael Goldbloom est devenu principal de Bishop's en 2008; il en est actuellement à son deuxième mandat.

Quelques articles au contrat

1. Bishop's lui accorde 1500 $ pour des services de conseil en finances (bénéfice imposable);

2. M. Goldbloom habite dans une résidence du campus de Bishop's dont les frais (comme les taxes et l'entretien) sont assurés par Bishop's. Il reçoit 700 $ par mois pour l'usage privé de la maison; une partie de la résidence est un espace public de Bishop's;

3. Lorsqu'il ne sera plus à l'emploi de Bishop's, l'institution assumera les frais de déménagement de M. Goldbloom à l'intérieur du Canada.

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