La diminution du taux de césariennes peut être sécuritaire

Il est possible de réduire les taux de césariennes en contribuant ainsi à une... (Archives La Presse)

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(SHERBROOKE) Il est possible de réduire les taux de césariennes en contribuant ainsi à une meilleure santé et à de meilleurs services pour les mamans et leurs bébés. La formation professionnelle et l'autoévaluation de la pratique clinique en obstétrique y feraient pour beaucoup.

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Nils Chaillet

Photo site web CHUS

Les travaux de l'équipe du chercheur Nils Chaillet, professeur à la Faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l'Université de Sherbrooke, ont démontré que le taux de césarienne avait diminué dans le groupe intervention (de 22,5% à 21,8%) alors qu'il continuait d'augmenter dans le groupe contrôle (de 23,2% à 23,5%).

Parallèlement, les chercheurs du programme QUARISMA (qualité des soins, gestion du risque obstétrical et du mode d'accouchement au Québec) ont observé une diminution des complications sévères chez les nouveau-nés, suggérant que la diminution du taux de césariennes est sécuritaire et que le programme pourrait contribuer à améliorer la santé des enfants.

«Nous voulons démontrer qu'il est bénéfique d'utiliser pour l'accouchement la bonne méthode au bon moment, renchérit le Dr Cahillet. Les résultats de ces évaluations ont permis de favoriser un esprit d'équipe dans chaque hôpital et de mettre en place des recommandations adaptées aux besoins des futures mères et des professionnels, facilitant ainsi la sélection de la bonne intervention pour la bonne patiente au bon moment. »

«Les taux de césariennes ne cessent d'augmenter dans les pays industrialisés. Au Québec, il est passé de 18,5 % à 23,6 % (19 974 césariennes pour 84 393 accouchements) entre 2000 et 2012.»

Cette augmentation est préoccupante en raison des complications potentielles pour la mère et son enfant associées à une césarienne non médicalement requise et de l'impact de ces interventions sur les coûts de santé, ajoute le chercheur.

L'étude a été menée dans 32 hôpitaux au Québec entre 2008 et 2012. Ils ont été publiés dans la revue scientifique The New England Journal of Medicine.

«En améliorant nos connaissances sur les programmes de soins périnataux et sur leur efficacité, nous pouvons contribuer à diminuer les taux de césariennes.»


La politique québécoise de périnatalité 2008-2018 vise à diminuer le recours aux interventions obstétricales non médicalement requises et souligne l'importance d'accroître les connaissances sur les facteurs pouvant contribuer à assurer la pertinence des interventions obstétricales, ainsi que leurs impacts sur la santé de la mère et de l'enfant.

«Les professionnels de la santé participant au programme étaient invités à analyser et à modifier les processus de soins dans leur hôpital», explique le spécialiste en évaluation de la qualité des soins Nils Chaillet.

«En améliorant nos connaissances sur les programmes de soins périnataux et sur leur efficacité, nous pouvons contribuer à diminuer les taux de césariennes, les interventions non médicalement requises et ainsi améliorer la qualité des soins et la santé des mères et de leurs enfants au Québec et au Canada. »

Le programme QUARISMA a reçu un financement supplémentaire de 200 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour la période 2014 à 2017. L'objectif de ce second volet est d'implanter le programme de formation dans les 16 hôpitaux du groupe contrôle de l'étude initiale et de le rendre accessible en tant que module complémentaire du programme à d'autres centres hospitaliers.

Les IRSC ont investi 5,5 M$ dans le premier volet de l'étude QUARISMA pour la période s'échelonnant de 2008 à 2012.

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