Quand un criminaliste très médiatisé écrit ses mémoires

Me Jean-Pierre Rancourt... (Imacom, Frédéric Côté)

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Me Jean-Pierre Rancourt

Imacom, Frédéric Côté

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(SHERBROOKE) Souvent interpellé sur les causes célèbres qu'il a défendues et les rouages du métier de criminaliste, l'avocat sherbrookois Me Jean-Pierre Rancourt a couché sur papier les moments forts de sa carrière.

Pendant plusieurs mois, l'un des criminalistes les plus médiatisés au Québec a raconté ses mémoires au journaliste Bernard Tétrault pour l'écriture du livre Les confessions d'un criminaliste.

« Je m'assoyais avec Bernard toutes les semaines et avec les archives de journaux pour reconstituer les faits des causes les plus intéressantes que j'avais défendues », explique Me Rancourt.

Le livre s'ouvre sur sa relation avec Guy Lafleur qu'il a connu en le faisant acquitter pour une affaire où le célèbre numéro 10 était accusé d'avoir tué illégalement un chevreuil lors d'une excursion de chasse privée à Saint-Évariste-de-Forsyth en 1982. Procès qui s'est terminé dans le bureau du juge du procès alors que le Démon blond a autographié l'affiche mise en preuve montrant le hockeyeur avec le chevreuil.

« La relation avec les juges et la Couronne a bien changé. Je me souviens d'avoir joué aux cartes en attente du verdict d'un jury lors d'un procès avec le juge, la Couronne, la défense, le greffier et même l'accusé. Les relations étaient plus cordiales à l'époque. Ça ne se ferait plus aujourd'hui », souligne Me Rancourt.

Le criminaliste a défendu, en compagnie de son ancien associé Me François Gérin, Claude et Jeanne Valence qui avaient été accusés dans la célèbre affaire Marion, soit l'enlèvement du gérant de la caisse populaire Sherbrooke-Est en 1977. Dans ses mémoires, Me Rancourt revient aussi entre autres sur l'affaire du camionneur Richard Bilodeau de Coaticook qui avait été accusé aux États-Unis à la suite d'un accident de la route.

« Il faut savoir utiliser les médias de la bonne façon. Dans l'affaire Bilodeau, ça avait aidé la cause. L'avocat de la défense doit être l'extension légale de l'accusé. Il doit tout faire pour le défendre et poser les questions pour trouver une faille dans la preuve », mentionne Me Rancourt.

Ce dernier se décrit comme un homme du peuple qui souhaite vulgariser la justice à monsieur et madame Tout-le-Monde. Ses interventions à TVA, LCN ou sur les ondes du 107,7 Estrie n'y sont pas étrangers.

« Les gens sont intrigués par ce qui se passe dans une cause criminelle. L'un des objectifs du livre était d'informer les gens sur la vie d'un criminaliste, sur les dessous des causes. C'est aussi un bel héritage à laisser à mes enfants », indique Me Rancourt.

Au tournant des années 2000, Jean-Pierre Rancourt a modifié sa pratique criminelle et accentué ses implications en affaires. Délaissant les causes de longue haleine, il défend maintenant davantage les personnes accusées pour la première fois au criminel, les « first offender ».

« Souvent, les clients m'appellent parce ce qu'ils m'ont vu à la télé. Cette médiatisation a cependant un revers, il faut faire attention parce qu'une coche mal taillée et tu vas être davantage exposé dans les médias », rappelle Me Jean-Pierre Rancourt.

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